07/11/2008

La 6ème extinction

L'histoire de notre planète a été jalonnée par des évènements capitaux au niveau des espèces animales et végétales qui ont vu une part significative d'entre elles disparaître sur une période de temps très courte, d'un point de vue géologique.

La dernière de ces extinctions massives, la 5ème du nom, a eu lieu il y a 65 millions suite à un évènement cataclysmique supposé (l'écrasement d'une grosse météorite) et a entraîné la disparition des dinosaures.   Même si Sarah Palin a une autre théorie sur le sujet... ;-)))

Sommes-nous en train de vivre la 6ème extinction massive ?

Un large consensus scientifique semble se dégager en faveur de cette hypothèse.
Et l'ampleur de cette extinction-ci n'aurait jamais été égalée, car elle impliquerait la disparition de près de la moitié des espèces animales et végétales sur un laps de temps aussi réduit que une vie d'homme.

C'est dans ce contexte d'urgence que des chercheurs de l'Université de Californie de Santa-Barbara ont lancé un vaste programme de recherche afin de déterminer quelles plantes doivent être protégées en priorité.

En étudiant la place et l'interaction de plus de 150 espèces de plantes, les chercheurs veulent mettre en évidence et tenter d'enrayer un effet domino qui pourrait être initié par la disparition de certaines espèces bien précises.

Certaines plantes clés dans un biotope donné auraient ainsi d'autant plus d'importance que leurs caractères génétiques différent significativement de ceux des autres plantes de ce biotope.

En disparaissant, ces plantes clés appauvrissent le biotope de façon plus importante et plus permanente.

L'exemple donné dans cette étude pour illustrer le propos est celui du bouton d'or.

Bouton d'or
Si celui-ci venait à disparaître (et il s'agit bien d'une espèce en voie de disparition), sa niche écologique ne serait pas comblée, et il y aurait donc un appauvrissement du biotope partout où il est actuellement présent.

Au contraire, les marguerites et les tournesols sont des plantes apparentées.  La disparition de l'une pourrait être compensée dans le même biotope par l'autre.

En bref et en résumé, dans la maison en train de brûler, nous sommes en train de commencer à choisir quels sont les meubles que nous allons essayer de sauver et lesquels vont rester sur place.

Plutôt inquiétant....

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

31/10/2008

L'heure du choix

Bonjour,

C'est mardi prochain que les Etats-Uniens vont élire leur nouveau président.

Ceci marque le point d'orgue des 8 années de l'administration Bush, une présidence qui restera dans les annales comme étant l'une des plus décriées de par le monde.

Je ne reviendrai pas sur l'ensemble du bilan politique et économique désastreux (des voix s'élèvent actuellement pour pointer du doigt la part de responsabilité de cette administration dans la crise financière qui sévit actuellement), mais je voulais juste pointer du doigt le bilan écologique de ces huit années.

Et bien, il fut à l'image du reste.  Un désastre !  "Doubleyou" incarne à lui tout seul une catastrophe écologique majeure.   Probablement une de celles qui auront le plus d'impact négatif sur l'ensemble de la planète, et pendant de nombreuses générations encore.

photo-george-bush-finger
Dès les premières semaines de son premier mandat, Bush s'est employé à démonter les quelques structures gouvernementales existantes qui oeuvraient dans le sens de l'écologie.  Dans certaines d'entre elles, il positionna stratégiquement des personnes de son entourage pour miner de l'intérieur, entre autres, les efforts naissants en matière de lutte contre le réchauffement climatique, qui fut, lors de la campagne avec Al Gore, un thème majeur.

De même, les subsides accordés à des associations ou des centres de recherche touchant de près ou de loin à l'écologie furrent rabotés à un point tel que la plupart de ces associations ont purement et simplement disparu.

La motivation ?  Le pétrole, bien entendu.  On connait les origines pétrolières de ce détestable personnage et des gens qui l'entourent, et on voit tout de suite les grosses ficelles visant à détruire tout ce qui pourrait, à court ou long terme, poser un préjudice à l'industrie pétrolière.

Alors, mardi, me demanderez-vous, est-ce que je voterais pour Obama ou McCain ?

Difficile à dire, car n'oublions pas cette particularité des Etats-Unis, ou, finalement, les deux camps en présence sont soit de droite (les démocrates) soit de l'ultra-droite (les républicains).  Quand on est de gauche aux Etats-Unis, on est directement taxé de communiste, dans le sens le plus dénigrant du terme.

Mais bon, entre la peste et le choléra, je n'hésite quand même pas longtemps, et Obama remporterait ma voix.  Du reste, ce n'est pas très original, car si l'on regarde un peu les sondages du genre un peu partout dans le monde, on constate que pas grand monde ne voterait pour McCain....

En attendant le résultat des urnes, et en espérant ne plus assister à la mascarade qui marqua la première élection de Bush en 2000, je vous livre ici une parodie basée sur la série de science-ficiton (qui berça mon enfance, et dont je suis resté un fan) "Cosmos 1999" et qui résume à merveille ces 8 années catastrophiques. (Attention: quelques images explicites sont intégrées dans ce clip)

 

A vendredi prochain.

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24/10/2008

Calculez

Bonjour,

Aujourd'hui, je voudrais vous présenter un nouveau site web qui regorge de trucs et astuces pour réduire vos consommations et vos rejets de déchets.

"ENCORE un site de trucs et astuces..." me direz-vous.

Oui, vous avez raison: les sites du genre se multiplient de par le web, et finalement, la base est tout de même toujours la même.

Vous n'avez pas tout à fait tort, mais le site que je vous propose aujourd'hui est un peu particulier en ce sens qu'il se distingue par la présence d'une calculette en ligne qui vous permet de mesurer votre propre impact sur l'environnement.

"Des calculettes de CO2, ca se trouve aux quatre coins du web", renchérissez-vous.

Et là non plus, vous n'avez pas tort.

Cependant, celle-ci se distingue de par le fait que vous y encodez vos différentes consommations (électricité, eau, gaz, carburant....) régulièrement grâce à votre compte individuel, et que vous pouvez dès lors demander des statistiques, visualiser directement l'impact de certaines mesures simples d'économie que vous mettez en place etc...

En bref, c'est une super-calculatrice qui vous aide vraiment à prendre des décisions qui vous permettront automatiquement de faire de substantielles "écolomies".

Alors, le mieux, c'est peut-être de l'essayer, non ?

WWW.ECOLOMIE.BE

A vendredi prochain.

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17/10/2008

Voyager autrement

Bonjour,

C'est un peu en décalage avec les plannings de vacances, mais après tout, pour qu'une idée fasse son chemin, autant s'y prendre à temps....

C'est ce week-end, du 17 au 19 octobre que se tiendra sur le site de Tour et Taxis à Bruxelles, la troisième édition du Salon "Tourisme autrement".

De nombreux exposants vous fourniront des informations sur l'impact du tourisme de masse sur l'environnement et les moyens de les éviter en pensant tout simplement ses vacances autrement.

Visitez le site de l'association "Tourisme Autrement" pour plus d'informations.

A vendredi prochain.

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10/10/2008

Il pleut, il pleut....

Bonjour,

Saviez-vous que seulement un peu plus de 2% de toute l'eau disponible sur notre planète est potable ?  

Et saviez-vous que l'agriculture à elle seule consommait 70% de cette eau potable, et même jusqu'à 95% dans certains pays ?

Et pourtant, nous tous, nous avons l'impression que cette eau ne peut pas nous manquer: il suffit de tourner le robinet pour en obtenir en abondance.
En Belgique, c'est 150 litres par jour et par personne en moyenne.
Dont seulement 7 à 10 litres sont effectivement utilisés pour l'alimentation.
Le reste est utilisé à des fins sanitaires et d'entretien (nettoyage, lessives, toilettes, bain/douche, arrosage...).

Et pour cette fraction importante de notre consommation, nous utilisons une eau rare, potabilisée par des traitements parfois lourds.

Et dans le même temps, nous évacuons nos eaux de pluie directement à l'égoût.  Ce qui a pour conséquence, entre autres, de favoriser les innondations de plus en plus fréquentes et de mettre à mal les stations d'épuration qui, ne sachant pas traiter un trop grand volume d'eaux usées dans un court laps de temps sont alors court-circuitées, et les eaux non traitées sont alors balancées telles quelles dans les cours d'eau.

Une solution rentable pour enrayer ces phénomènes est de récupérer l'eau de pluie et de l'utiliser partout où c'est possbile.

Une installation de base pour couvrir tous les besoins non-potables se résume bien souvent à la mise en place d'une citerne et d'une pompe, et quelques petits travaux de plomberie.   Ainsi, sans traitement préalable peut-on déjà utiliser l'eau de pluie pour les lessives (entraînant aussi une baisse de consommation de produits lessiviels), les chasses d'eau, le nettoyage des sols et des voitures, et l'arrosage.

La citerne peut être apparente (solution la plus simple et la moins couteuse), mais elle sera alors soumise aux caprices de la météo et devra être protégée du gel.   Les cuves en polypropylène sont robustes, mais laissant filtrer les rayons solaires, elles permettent le développement de micro-organismes et d'algues.   C'est d'autant plus embêtant qu'une fois une colonie d'algues installée, il est impossible de la déloger, car ces cuves ne se démontent pas.  L'eau devient alors trouble et peut avoir une odeur, ce qui la rend alors inutilisable pour les lessives.

La citerne enterrée représente un investissement un peu plus important et des travaux plus lourds, mais s'ils sont correctement planifiés (par exemple en profitant de la construction d'une maison, ou d'un réaménagement de jardin), ils deviennent simples à entreprendre.    Ces citernes présentent aussi l'avantage d'offrir des capacités nettement plus importantes, et le béton des citernes maçonnées favorise la neutralisation de la légère acidité naturelle de l'eau de pluie.
Pas d'algues à craindre.

A côté de ces installations de base, il existe aussi toute une série de filtres simples à installer et très utiles permettant un filtrage des particules par phases successives jusqu'à 5 microns, ainsi que la possibilité d'installer des purificateurs fonctionnant sur le principe de l'osmose inversée.   Ces purificateurs potabilisent l'eau de pluie, mais leur coût est souvent prohibitif.   Enfin, il faut mettre en évidence que l'osmose inverse est un processus qui gaspille énormément d'eau (de 2 à 5 litres gaspillés pour 1 litre produit) et que l'eau ainsi potabilisée revient au même prix que de l'eau en bouteille (environ 50 cents le litre). Les bouteilles en moins, il est vrai.  Cette solution peut cependant constituer le seul recours dans le cas où il s'agit de fournir de l'eau potable à un endroit où le réseau de distribution n'est pas implanté.

Signalons que les citernes d'eau de pluie, si elles sont installées et utilisées un peu partout, agissent aussi comme un tampon pendant les gros orages, et peuvent réduire la fréquence et l'importance des inondations.

Enfin, certaines régions proposent des primes à l'installation de systèmes récupérateurs d'eau de pluie.


Je n'ai pas la possibilité d'être exhaustif ici pour toutes les régions de la francophonie d'où vous me lisez, mais renseignez-vous, ca peut valoir le coup !

Bonne fin de semaine et à vendredi prochain.

10:30 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/10/2008

N'abandonnez pas !

Bonjour,

Pour bien plomber l'ambiance, je vous fais suivre ici un petit spot de l'association portugaise QUERCUS.

J'en ai eu les larmes aux yeux (vraiment !).



Traduction: "Si vous laissez tomber, ils laisseront tomber. Stoppons le réchauffement climatique"

(Trouvé à l'origine sur le blog d'Angélie: Un geste par jour pour l'environnement)

 

Bon week-end quand même......

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

26/09/2008

Plaie d'argent n'est pas mortelle. La Faim, oui.

Rien à voir avec l'environnement.
Cette semaine, juste une petite réflexion.  Vous savez: de celles qui vous dérangent et finissent par vous trotter dans la tête au milieu de la nuit.
De celles qui d'abord vous mettent mal à l'aise, puis très rapidement vous écoeurent.

Dans la crise financière qui secoue les marchés boursiers du monde entier, on a assisté ces dernières semaines à des interventions multiples des différentes Banques Centrales en vue, qui de sauver un organisme de crédit ou une compagnie d'assurances à la dérive, qui d'injecter des liquidités sur les marchés pour les redynamiser.

En quelques semaines, ce ne sont pas moins de 400 milliards de dollars qui ont ainsi été dégainés en catastrophe.   Et c'est loin d'être fini, puisqu'il est déjà prévu de débloquer 700 milliards de dollars supplémentaires en deux ans pour soutenir le système financier américain.

Il y a quelques mois, les Nations-Unies ont publié un rapport duquel il ressort qu'il faudrait investir 30 milliards de dollars pour éradiquer la faim dans le monde.

Et voilà....  à méditer, tout simplement.
Arrêtez votre lecture ici quelques instants, relisez ces deux chiffres, comparez-les, et imaginez-vous ce que cela représente.

Et à surtout ne pas oublier, lorsque aux prochaines élections où vous aurez la chance de pouvoir démocratiquement vous exprimer, certains candidats se présenteront à vous dans leurs plus beaux atours d'ultra-libéraux arrivistes assoiffés de pouvoir....
Demandez-vous simplement si vous avez les moyens, si vous pouvez vous permettre de voter pour ces gens-là....

Pour nous les Belges, ce sera le 9 juin 2009.
Enfin,... en principe.

Mange_ton_pognon

 

Bon appétit ... et à vendredi prochain !

 

Pour faire quelque chose:

Pour lutter contre la faim dans le monde : Le Site de Caritas International

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19/09/2008

La fin des 4x4

Cette année plus que jamais, les milieux financiers attendaient avec inquiétude les résultats économiques des producteurs d'automobiles dans le monde.

La hausse continue des prix des produits pétroliers en 2007 et au premier semestre de cette année était effectivement vue comme une menace sur ces résultats.
Climat et voitures

Et les financiers avaient raison.


L'impact de la hausse des carburants a eu comme conséquence immédiate partout dans le monde (Etats-Unis en tête, rapidement suivis par l'Europe) que les consommateurs cherchent à acheter des véhicules moins gourmands.  Et donc, se dirigent vers des cylindrées et carrosseries plus raisonnables.

L'effet fut particulièrement marquant aux Etats-Unis.  Canal Z (chaîne belge d'informations financières) a diffusé dans le courant du mois de juillet un reportage particulièrement significatif sur le marché des véhicules d'occasions aux Etats-Unis.  On a pu suivre ainsi le (heureux ?) propriétaire d'un bon gros 4x4 en assez bon état, se rendant chez un spécialiste de l'occasion, et se voyant proposé pour son véhicule la rutilante somme de... 250 $ (180 EUR environ) !

Et le résultat est là: les Américains se débarrassent de leurs gros bidules et le marché est saturé de 4x4 d'occasion dont plus personne ne veut.

La corollaire de cela au niveau des producteurs est que les Américains comme GM (General Motors), Chrysler ou Ford se retrouvent maintenant avec des stocks considérables de gros véhicules neufs qu'ils n'arrivent plus à vendre.   Ces constructeurs n'ont pas (pû ou voulu) anticiper la tendance vers des voitures moins sales et se retrouvent maintenant avec des résultats catastrophiques.
Des milliers d'emplois vont ainsi malheureusement passer à la trappe.

Chez General Motors, c'en est au point que, pour redresser un peu l'équilibre financier, le constructeur essaie désespéremment de revendre sa division Hummer au tiers de sa valeur et ne trouve même pas un acquéreur !

Au total, si les pouvoirs publics américains n'avaient pas injecté des liquidités directement dans ces sociétés comme elles l'ont fait aussi pour sauver certains établissements de crédit, leur avenir (celui de GM en particulier) aurait été loin d'être assuré.

Quant aux constructeurs européens, la situation n'est que légèrement différente.  Certains producteurs français ayant traditionnellement dans leur gamme davantage de voitures petites ou moyennes s'en sortent mieux que les autres.   Mais globalement, l'effet est le même qu'aux Etats-Unis: les gros machins obèses sur roues n'ont plus la cote et encombrent les stocks.

On peut s'attendre très prochainement à de grosses braderies de prix sur les 4x4, mais y aura-t-il encore des clients ?  Quiconque fera la calcul de prix de revient en intégrant le coût du carburant renoncera rapidement à ces ridicules machins.
Le marché des voitures de société représentant en Europe un tiers du parc automobile étant aussi poussé au vert par des incitants fiscaux (en France et en Belgique, entre autres) n'est plus acheteur non plus de cette gamme. 

De plus, là où il y a quelques années, posséder un 4x4 pouvait, pour certains, être un objet de fierté, signe de (ou fantasme d'afficher) une réussite sociale, aujourd'hui, de plus en plus, rouler en 4x4 n'attire plus de tout de regard d'envie.   L'image d'un choix démodé véhiculant plutôt le sentiment d'un égoïsme pitoyable, ringuard et caricaturalement ridicule est devenue prédominante.

Et donc, on peut prédire que dans un avenir tout proche, on pourra se réjouir de voir progressivement disparaître les 4x4 et autres futilitaires des catalogues.
Et comme aux Etats-Unis, le marché de l'occasion pour ce segment va très rapidement  s'effondrer également.  

Autant le savoir maintenant, si vous en avez encore un et que vous voulez récupérer plus de 180 EUR lors de sa revente....

Bon week-end !


Pour en faire plus:

Vous avez la possibilité de mener deux types d'action pour accélérer la disparition des 4x4 de nos routes et trottoirs:

  • Premièrement, interpellez vos élus locaux pour qu'ils repensent l'accès des centres-villes aux véhicules inadaptés, et en particulier les 4x4.
  • Ensuite, vous pouvez aussi cliquer sur l'image ci-dessous pour ouvrir un document PDF à imprimer

4x4 = egoisme * Soit sur étiquettes autocollantes à coller sur les pare-brises des 4x4 en ville.

*Soit sur papier ordinaire à insérer sous l'essuie-glaces.

    (Une initiave de www.ecolOzone.net)

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

    12/09/2008

    Rester branché, c'est démodé

    En France, on a calculé que pour alimenter tous les appareils qui restent en permanence branchés en veille (téléviseurs, chargeurs en tous genres,....), on utilisait l'entièreté de la production électrique d'un réacteur nucléaire.

    Tout cela, en pure perte, bien entendu, mais pas pour tout le monde, puisque c'est le consomamteur final qui paye.  C'est à dire vous et moi.

    Et voyons ce que cela coûte chez chacun d'entre nous.

    Tout d'abord, les bases: en une année, il y a 365 x 24 heures = 8760 heures. Un dispositif quelconque consommant 1 W restant branché en permanence pendant un an aura donc consommé 8760 Watts, soit 8,760 kWh.   Les prix de l'électricité variant très fort selon que vous me lisiez du Canada ou de Belgique, je ne ferai donc pas de calcul de prix ici, mais rine ne vous empêche de le faire à titre d'exercice.

    J'ai procédé à quelques mesures des consommations en veille des appareils dont je dispose chez moi, histoire de vous donner une idée de ce qu'il y a à économiser.  Sans entrer dans les détails techniques, je n'ai pas fait les mesures à l'aide de ces petits appareils que l'on vend pour mettre dans une prise de courant, car ils ne sont pas assez précis dans les petites consommations; j'ai utilisé un appareillage de mesure électronique qui garantit une précision de 5%)

    • Un téléviseur récent peu énergivore : 3 Watts
    • Un lecteur DVD : 4 Watts
    • Un four à micro-ondes : 22 Watts (et oui !)
    • Mon chargeur de GSM : 4 Watts
    • Celui de mon épouse : 4 Watts
    • Mon PC portable : 9 Watts
    • Mon PC de bureau et son écran : 8 Watts
    • Mon imprimante : 11 Watts
    • Les autres périphériques (Disque dur, Hub USB...) : 13 Watts
    • Mon modem Wi-Fi : 21 Watts

    Voilà pour l'essentiel.

    Evidemment, avant de faire la leçon aux autres, je tiens à préciser que aucun de ces appareils ne reste branché chez moi s'il n'est pas utilisé.  

    Mais supposons que ce soit le cas.   Je consommerais en permanence et en pure perte pas moins de 99 Watts.    L'équivalent de 9 ampoules économiques de bonne puissance.

    Mais surtout, chaque jour, ce sont plus de 2 kWh qui sont perdus et à l'année, cela me ferait 867 kWh envolés !!!!

    Et si je vous dis qu'en Belgique, un ménage moyen consomme 3500 kWh par an, vous voyez le potentiel d'économies réalisables !

    prisesEn un mot comme en cent: Rester branché, c'est démodé !   Coupez tout !  Placez des blocs multiprises à interrupteur et des interrupteurs sur tous vos appareils fixes et débranchez les autres aussitôt qu'ils ne sont plus nécessaires.   Le faible investissement consentit sera très rapidement récupéré, et avec les économies, vous pourrez vous payer un petit resto à ma santé !

    C'est la TOUTE PREMIERE mesure à adopter si l'on veut réaliser des économies d'énergie.   Ensuite vous penserez aux ampoules économiques, mais commencons par la chasse au gaspi.

    A la semaine prochaine !

    P.S.: Il est cool mon slogan, hein ?  "Rester branché, c'est démodé."  J'suis pas mécontent, là.... ;-)))

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

    05/09/2008

    La géothermie

    Je vous parle régulièrement d'énergie, et en particulier des énergies renouvelables.
    Parmi elles, il en est une disposant d'un grand potentiel d'exploitation, tant au niveau individuel qu'industriel et que j'ai très peu abordée jusqu'à présent : la géothermie.

    La géothermie consiste à puiser directement dans le sol des calories (de la chaleur) pour le chauffage des habitations ou de l'eau chaude sanitaire.   On alimente ainsi d'une habitation individuelle à des réseaux de chauffage urbain de plusieurs kilomètres de long.

    Ce procédé est loin d'être nouveau : la Rome antique l'utilisait déjà, et dans des régions volcaniques comme l'Islande, le chauffage urbain basé sur la géothermie existe depuis des dizaines d'années.

    Mais avec l'amélioration des techniques de forage et de transfert de chaleur, l'exploitation de cette énergie n'est plus réservée maintenant aux seules régions à forte activité volcanique.

    Par exemple, en Belgique, dans la région de Mons, on utilise déjà depuis une bonne vingtaine d'années un réseau de chauffage urbain pour le chauffage de trois écoles, un hopital, une piscine et plus de 350 logements.  Il faut dire qu'à l'entrée du circuit, on trouve de l'eau puisée à pas moins de 73°C.  Ce n'est déjà pas si mal, et déjà suffisant pour bien se brûler aux radiateurs.
    En bout de course, après 6 kilomètres de trajet, l'eau est encore à 40°C, ce qui est suffisant pour chauffer une grande serre horticole, après quoi, on trouve encore juste assez de chaleur pour stimuler la fermentation des boues d'une station d'épuration des eaux usées qui produiront ainsi.... du biogaz !


    Mais d'où vient toute cette chaleur, et comment l'extrait-on ?

    Dans les régions à forte activité volcanique, c'est évident: cette chaleur vient directement du réchauffement des roches au contact du magma tout proche.  On atteint ainsi rapidement des températures très élevées à de faibles profondeurs de forage.

    Ailleurs, la chaleur est essentiellement induite par la désintégration des éléments radioactifs naturellement présents dans le sous-sol profond.  Cette chaleur s'élève avec la profondeur.  En moyenne, de 3 à 4°C par 100 mètres.   Il faut des forages parfois profonds (plusieurs centaines de mètres) pour trouver des températures utilisables, mais cela ne pose pas trop de problèmes, pour peu que la nature géologique du sous-sol le permette.

    En général, on essaiera de forer au sein d'une nappe phréatique, car cela permet de simplifier le transfert de l'énergie vers la surface : on pompe simplement l'eau de la nappe phréatique, on en extrait la chaleur, et, idéalement, on la réinjecte dans la nappe, le plus souvent par un second forage.  A noter que dans le forage de Mons évoqué plus haut, (et c'est le seul reproche que je lui ferais), l'eau n'est pas réinjectée dans la nappe dans laquelle elle est puisée, mais simplement déversée dans la Haine, une rivière toute proche.   Dommage, car cette eau est de surcroît parfaitement potable....

    Il y a quelques années, j'ai séjourné en Bretagne dans un logement dont le chauffage était assuré par un forage à 80 mètres de profondeur "seulement".

    Dans un tel système, la température de l'eau pompée n'est pas assez élevée que pour permettre une utilisation directe.  On installe alors une pompe à chaleur.
    C'est tout simplement le même principe de fonctionnement qu'un réfrigérateur.

    Dans votre réfrigérateur, un compresseur se charge d'extraire la chaleur se trouvant à l'intérieur, et de l'échanger à l'extérieur.   Ces calories, vous les retrouvez sur la grille arrière de votre appareil : Allez-y !  Touchez-la pendant que le compresseur fonctionne: vous verrez, c'est impressionnant.

    La pompe à chaleur, c'est pareil: on extrait la chaleur de l'eau pompée (ou de l'air ambiant), et on la restitue dans un circuit de chauffage ou dans un ballon d'eau chaude.  C'est tout simple !

    Le seul inconvénient d'une pompe à chaleur, c'est qu'il lui faut un apport d'électricité pour fonctionner.   Mais bien évidemment, cela en vaut la peine, car le rendement est positif: un kilowatt d'électricité peut générer ainsi 3, 4, voire même 5 fois plus de chaleur que s'il était utilisé directement dans un chauffage électrique.  Ceci dit, je reste mitigé sur le bilan écologique d'une pompe à chaleur pour deux raisons:

    • Les anciens systèmes utilisent des fluides qui nuisent à la couche d'ozone.  Les plus récents utilisent eux des fluides très nocifs en terme de réchauffement climatique, et parfois également toxiques.
    • Sans entrer dans de savants calculs, on estime que pour produire 1 kWh d'électricité utilisable à votre prise de courant, il faut utiliser 3 kWh d'énergie primaire dans la centrale.  Ce qui revient à dire que pour des pompes à chaleur bon marché qui n'atteignent que péniblement un rendement (= COP) de 3, le bilan écologique est nul, voire négatif.

    Donc, si vous êtes candidat à une telle installation, soyez très prudents lors du choix des appareils ! 

    En savoir plus:

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    29/08/2008

    Téléphone vert

    Il y avait déjà le téléphone rouge, le téléphone rose, bientôt naîtra peut-être le téléphone vert.

    Le GSM, ou téléphone mobile, a, en quelques années complètement envahi nos vies. Ce ne sont pas moins d'un milliard de terminaux portables qui auront été vendus de par le monde rien qu'en 2007.  Et ce n'est pas fini.  L'émergence d'une importante classe moyenne en Chine devrait contribuer à maintenir le rythme dans les années à venir.
    greenmobile

    Tous ces petits bijoux de technologie ne vont pas sans dommages pour notre environnement.  Je ne rentrerai pas dans la polémique autour de la nocivité supposée des ondes émises par les dispositifs, et me cantonnerai donc au domaine des rejets en cours du cycle de vie de l'appareil.

    On distingue toujours dans ce genre de sujets les trois phases du cycle de vie de l'objet:

    • Sa production: pour un GSM, concentré d'électronique, on fait appel à des quantités importantes de minerais parfois très rares, nécessitant des processus d'extraction, de raffinage et de préparation souvent très polluants pour la production des semiconducteurs.  Les coques sont basées sur l'utilisation de plastique moulé ne contenant encore que très rarement des matières premières recyclées.  La production proprement dite de tout cela génère beaucoup de rejets: des gaz à effet de serre, bien sûr, mais aussi l'utilisation de beaucoup d'eau, de solvants, et autres produits chimiques.  L'acheminement des centaines de composants nécessaires au départ du monde entier vers l'usine de production allourdit encore le bilan CO2, tout comme la distribution finale jusqu'au consommateur.
    • Son utilisation: Outre les consommations électriques des opérateurs de téléphonie mobile pour assurer le fonctionnement de leurs installations techniques et de leur administration, la multiplication des chargeurs parfois encore branchés en permanence engendre un gaspillage d'énergie phénoménal.  Savez-vous par exemple que votre chargeur qui ne consomme "que" 5 watts, si vous le laissez branché en permanence, gaspillera pas loin de 45 kWh par an que vous payez de votre poche !  Et si vous êtes plusieurs dans votre ménage, multipliez ce chiffre par le nombre de chargeurs différents....  Au prix actuel de l'électricité, est-ce bien raisonnable ?   Une estimation récente chiffrait que la consommation des appareils en veille (incluant les chargeurs de GSM) représentait, pour un pays comme la France, la production intégrale de deux unités nucléaires.  Pas moins !
    • Sa mise au rebut: De part les grandes quantités de produits potentiellement dangereux qu'il contient, le téléphone portable devrait systématiquement faire l'objet d'un recyclage au lieu d'une mise au rebut.  C'est d'ailleurs obligatoire en Europe.  Le recyclage permet de récupérer certains matériaux précieux (or, argent, platine,...) et aussi de recycler les batteries.   Malheureusement, actuellement, seuls 1 à 2 % des GSM sont effectivement collectés pour être recyclés. Le consommateur a plutôt tendance à stocker son vieux GSM dans un tiroir, sans doute par crainte (peu justifiée, selon moi) d'une utilisation frauduleuse des informations éventuellement encore stockées dans les mémoires du téléphone.


    Heureusement, des initiatives sont prises au niveau des constructeurs.  Sous l'impulsion du WWF, à peu près tous les constructeurs ont élaboré ensemble des méthodes de production plus respectueuses de l'environnement, en incorporant par exemple des fibres recyclées ou même végétales (bambou, par exemple) dans le plastique des coques, voire même en concevant des coques 100% biodégradables qui engendrent un joli tournesol après l'avoir planté dans un pot de fleur. biodegradablecovers
    Des efforts importants sont également consentis pour fabriquer des chargeurs 10 fois moins énergivores et en augmentant la qualité et donc la durée de vie des batteries.

    Début septembre, un célèbre fabricant finlandais devrait lancer une campagne d'information des consommateurs.  Affaire à suivre.

    Quant à nous, consomm-acteurs, quelques petits trucs simples:

    • Débranchez tous vos chargeurs quand ils ne sont pas utilisés.
    • Eteignez votre GSM la nuit s'il n'est pas indispensable que vous soyiez joignable 24 heures sur 24: vous diminuerez le besoin de le recharger et donc sa consommation électrique, et vous prolongerez de 30 % sa durée de vie.
    • Pensez à l'achat d'un ensemble main-libres pour votre voiture: c'est mieux pour votre sécurité, et vous pourrez ainsi aussi recharger votre appareil de façon très écologique (l'électricité produite par une voiture est souvent excédentaire et sa production est plus efficace que le réseau de distribution où les pertes d'acheminement sont énormes; l'utiliser pour recharger piles et batteries rejette donc moins de CO2 que d'utiliser le réseau).  Optez pour un modèle universel qui survivra ainsi à votre gsm actuel.
    • Au rayon des gadgets, on trouve plusieurs modèles de chargeurs à énergie solaire, voire même éolienne.  Un bon investissement et assurémment, vous paraîtrez très branché.  "Grandeur Nature" vous en avait présenté un modèle parmi bien d'autres il y a quelques mois dans cet article.
    • En fin de vie, ne stockez pas votre GSM, mais apportez-le dans un point de collecte.  A ce sujet, je ne suis pas très d'accord avec des oeuvres prétenduement "humanitaires" qui collectent des GSM quasi usagés pour les envoyer (les revendre) dans des pays en développement.  Non seulement, une fois là-bas, ils ne seront plus jamais recyclés, mais en plus, je pense qu'il ne s'agit pas là du besoin le plus criant de ces populations défavorisées.  En revanche, certains organismes collectent les GSM usagés pour les revendre à des filières de recyclage et consacrent ensuite cet argent à des projets humanitaires.  Ce processus là doit évidemment être encouragé.  A chacun d'entre nous d'être attentif sur la finalité de la collecte.
    • Lors d'un achat, n'hésitez pas à mettre le prix et achetez un produit de qualité.  Il durera plus longtemps et vous coûtera moins cher sur le long terme.  Comme on dit souvent, "Le bon marché coûte cher".   L'idéal est de se diriger vers un appareil simple de bonne qualité, plutôt qu'un bazar bourré de gadgets inutiles qui vous coûtera le même prix mais rendra l'âme à la moindre contrariété.  Si votre budget est limité, faites donc plutôt des compromis sur l'équipement, mais pas sur la qualité.  A moyen et long terme, c'est toujours rentable.


    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

    22/08/2008

    Que la ferme soit avec vous

    Bonjour à tous, 

    Sans commentaire....

    Une vidéo d'animation ultra-humoristique (Tous publics et sous titrée français), basée sur Star Wars.

    (Merci à Phano)

     
    En espérant que cela aidera à finir la semaine à tous les courageux au boulot...
     
    A vendredi prochain ! 
     
    Pour en voir plus:
     
    Le site de Terre TV 

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

    15/08/2008

    Qui suis-je (2)

    Bonjour,

    Ce mois-ci, je passe le cap de la quarantaine.
    Eh oui !  On se fait vieux.... ;-))

    A cette occasion, je voudrais répondre à une suggestion que l'on m'a faite: Je parle effectivement très peu de moi sur mon blog.

    Pourquoi ?  Parce que Grandeur Nature se veut avant tout un petit site d'informations, où je lance des idées pour ouvrir des pistes de réflexion et de
    débats.   Le format du blog étant facile à mettre en oeuvre, c'est celui que j'ai adopté.
    Et donc, au bout du compte, j'ai toujours considéré que ma petite personne n'était pas un sujet bien important de discussion, et je n'aime pas me mettre en avant...

    Apparemment, il y a quand même une demande chez certains d'entre vous d'en savoir plus.

    OK, je vais essayer de vous satisfaire.

    Mis à part mon prénom et mon portrait réalisé par mon fils et publié l'année passée, vous savez maintenant que j'entre dans la formidable ère de la quarantaine.
    On verra si je ferai ma crise, mais pour l'instant, rassurez-vous, je vais bien ;-))

    J'habite depuis 10 ans en Wallonie (Belgique francophone), dans un petit clos résidentiel en périphérie d'une ville de 25000 habitants, au calme, dans un petit écrin verdoyant pour l'instant encore préservé de la folie urbanistique, avec mon épouse et nos deux enfants.

    Je suis diplômé dans les domaines de l'électronique (dont j'ai fait un hobby), et dans celui de l'informatique (dont j'ai fait mon métier).
    Je travaille comme analyste informatique dans une petite équipe d'une grande société à Bruxelles, où je me rends chaque jour en train et à pied pour me rendre à la gare.  Mon travail m'amène à rencontrer énormément de personnes au sein de la société, d'horizons différents, avec des besoins et des modes de pensée parfois très différents aussi, et mon rôle consiste à les écouter, à les comprendre, à synthétiser tout cela, et ensuite à l'expliquer aux équipes de développeurs qui se chargeront de la concrétisation du tout.

    Mon travail est très prenant, parfois très stressant, demande beaucoup d'efforts, mais apporte également de très grandes satisfactions.

    Ces nombreux contacts humains sont l'aspect le plus attrayant de mon travail.  J'ai ainsi pu rencontrer dans les différents départements des personnes de très grande qualité, avec qui j'entretiens des relations plus que cordiales.
    Plusieurs de mes collègues sont devenus aussi des lecteurs fidèles de Grandeur Nature.

    Parmi mes hobbies, donc, l'électronique.  Cela m'a déjà permis d'apporter des innovations assez uniques en leur genre dans l'éclairage de ma maison et dans le système de chauffage.   Ces mesures, ainsi que les autres en matière d'isolation de ma maison, par exemple, m'ont permis au fil des ans, de diviser ma consommation de mazout de chauffage par trois, pour arriver à une consommation qui fait de ma maison une maison basse-énergie (au dernier plein: 1105 litres pour 2 ans de chauffage et d'eau chaude sanitaire pour 4 personnes dans une superficie habitable chauffée de 170 m², soit donc 3.25 litres par an par m²) alors qu'il s'agit à l'origine d'une construction datant des années '70, et à l'origine, très mal isolée, où, la première année, pour 2 personnes seulement, de façon pourtant économe, nous avions consommé 2100 litres, soit plus de 12 litres par m².   Le tout, bien entendu, sans sacrifier le confort. 

    Bien sûr, Grandeur Nature constitue aussi un hobby très présent dans mon emploi du temps.  Grâce au service de documentation de ma société, je peux passer les pauses de midi et mes trajets en train à prendre connaissance d'articles sur les sujets qui m'intéressent, choisis par mots-clés, parmi plusieurs centaines de sources du monde entier.   C'est là que je vais chercher l'essentiel de mes informations.

    C'est pendant mon adolescence, au milieu des années 80, que j'ai pris conscience des problèmes écologiques soulevés par notre mode de vie.
    Avec mes parents, nous vivions dans un milieu ouvrier très modeste, et ils m'ont toujours appris à éviter les gaspillages.   Car pour nous, le gaspillage ne nous était tout simplement pas permis si nous voulions finir le mois.  

    J'ai rejoint un groupe local de défense de l'environnement, où j'ai milité sur plusieurs sujets, où je me suis intéressé de très près à la politique communale, et où j'ai mené plusieurs campagnes par voie de presse dont on a ensuite parlé jusque dans certaines unifs en France. 

    Je ne vous dis pas ma fierté quand j'ai reçu un jour un courrier d'un prof de Toulouse (je crois) qui me demandait l'autorisation d'utiliser un de mes articles sur la couche d'ozone dans un de ses cours... ;-)))  Il n'a jamais su que je n'étais encore qu'un gamin plus jeune que ses propres étudiants.....

    Bon, là, ça commence à faire un petit peu long....
    Faites-moi savoir si ce sujet vous intéresse ou pas, et peut-être, dans quelques mois (pas trop souvent quand même !), en saurez-vous encore plus sur mes autres hobbies, mes centres d'intérêt, quelques anecdotes etc...

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

    08/08/2008

    Adalia

    Salut tout le monde, 

    "Adalia", c'est le nom de la coccinelle à deux points, la variété qui est la plus friante des pucerons qui hantent nos rosiers et nos vergers.

    C'est aussi le nom d'une ASBL Wallone qui s'est fixé pour mission d'informer et de sensibiliser aux dangers des pesticides (Irritations cutanées, vomissements, pertes de conscience, oedèmes pulmonaires, cancers, leucémies, stérilité... et les risques pour les enfants sont 12 fois plus élevés que pour un adulte) et aux alternatives naturelles à utiliser dans la lutte contre les nuisibles.

    Parmi les campagnes menées par l'association, épinglons les "4 saisons sans pesticides", qui informe précisément sur chaque alternative à utiliser en lieu et place des produits dangereux pour l'environnement et notre santé (comme par exemple, le tristement célèbre et pourtant encore trop répandu Round-Up de Monsanto), et qui convie certaines jardineries à jouer le jeu et à produire leurs plantes de manières "bio".

    Je voulais particulièrement mettre à l'honneur la rubrique "Jardiner sans pesticides" du site internet de Adalia, qui contient une multitude de petits trucs simples pour un jardin d'agrément ou potager plus sain.

    Une sous-rubrique vous permet de trouver les moyens de luttes classés selon le nuisible à combattre : limaces, pucerons, mauvaises herbes,...

    Une autre classe reprend des informations utiles selon le mois de l'année et les nuisibles les plus rencontrés à ce moment-là, ou les actions préventives qui peuvent être entreprises à ce moment-là.

    Une autre encore contient des dossiers thématiques téléchargables pour tout savoir sur les différents nuisibles, et quelques "jardifiches" viennent compléter le tout.

    Enfin, une section particulière du site, "Le monde de la coccinelle", s'adresse tout particulièrement aux enfants et aux enseignants.

    En fait, sur ce site, vous trouverez dans un langage clair et concis (même moi j'ai compris ... ;-)) tout ce qu'il y a à savoir pour ne plus avoir besoin de répandre des produits toxiques et cancérigènes qui mettent votre santé et celle de votre famille en péril.

    Plein de trucs donc, pour que CECI n'arrive jamais:
    monsanto

     

    A vendredi prochain !

     

    En savoir plus:

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

    01/08/2008

    Qu'est-ce qui est vert, qui monte et qui descend ?

    Salut tout le monde,

    Dans la grande série "Ca ne va pas révolutionner le monde, mais c'est toujours bon à prendre", voici.... l'ascenseur hybride !  Ou presque....

    Une célèbre firme d'ascenseurs établie, pour la France, près de Gien (et ses célèbres grottes... ;-))) équipe ses ascenseurs d'un dispositif récupérant l'énergie cinétique (= l'énergie de son déplacement) de la cage d'ascenseur dans certaines circonstances, et la retransformant en énergie électrique.

    L'idée de départ est la même que pour les voitures hybrides: lorsque la cage d'ascenseur doit ralentir, au lieu de simplement "freiner" cette cage (et dissiper au passage son énergie cinétique en chaleur), on récupère plutôt cette énergie pour enclencher un alternateur qui produit de l'électricité qui sera directement injectée sur le réseau électrique de l'immeuble.  Dans une voiture hybride, cette énergie est utilisée pour recharger les batteries qui, plus tard, alimenteront le moteur électrique.

    ascenseur boutonsL'intérêt supplémenaire du dispositif, par rapport aux voitures hybrides que vous savez que je n'aime pas beaucoup, est qu'il ne nécessite aucune batterie.

    Au total, on récupère, ou plutôt, on regénère, selon le constructeur, jusqu'aux deux-tiers de l'énergie totale utilisée par l'ascenseur.

    L'intérêt est écologique, bien sûr, mais aussi financier.  Quand on sait qu'un ascenseur moyen consomme plus de 12000 kWh d'électricité par an, si on peut en économiser 8000, c'est déjà pas mal.   Pour les gestionnaires d'immeubles, ce chiffre est à multiplier par le nombre de cages disponibles.

    Pour chaque cage ainsi équipée, c'est l'énergie électrique correspond à la consommation annuelle de un peu plus de 2 ménages moyens qui est récupérée.

    Bien entendu, il y a toujours moyen de faire mieux: pour les petits parcours de quelques étages seulement, préférez la cage d'escalier. En plus c'est bon pour votre santé !

    En savoir plus:

    Bon courage à ceux qui travaillent, et à vendredi prochain !


    Photo: Otis

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    25/07/2008

    "Wash My World"

    Salut tout le monde,

    On le présente comme étant une "figure emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique".

    Et ce serait Nicolas Hulot himself qui aurait eu ces mots doux pour le DJ le plus en vogue du moment sur la scène dance/électro.... Laurent Wolf

    Alors,...:  opportunisme mercantile de bas étage ou sincère engagement pour le futur de nos enfants ?

    Je ne trancherai pas, mais par ces temps ensoleillés, je vous livre le clip de "Wash My World" :

     

    En savoir plus:

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

    18/07/2008

    "Auprès de mon toit, je vivais heureux..."

    Bonjour,

    Comme promis dans mon article sur les Ilots de Chaleur Urbains (ICU), cette semaine, je vais m'intéresser aux toits végétaux.

    Saviez-vous qu'en moyenne, les toits représentent 30 % de la surface de nos villes ?

    Autant de surface "perdue", bien souvent de couleur sombre, qui participe à ce phénomène d'élévation locale de température au niveau des villes.
    Le toit plat d'un immeuble de bureau peut atteindre des températures de 65°C en plein soleil.   Cette chaleur participe à l'échauffement du bâtiment proprement dit, et entraîne des dépenses excessives de climatisation.

    Une solution serait de couvrir, du moins là où cela est possible, ces toits par des couvertures végétales.
    La mise en oeuvre la plus simple consiste juste à faire reposer sur une couverture draînante (pour permettre l'écoulement des eaux excédentaires et empêcher les infiltrations dans la bâtiment), une couche de terre recouverte d'une simple pelouse.

    Dans le cadre d'une entreprise, on peut aussi créer très simplement un lieu très "classe" de relaxation pour les employés, et pourquoi pas, moyennant un aménagement adéquat (par exemple, un chalet en bois piour donner une touche champêtre), en un lieu de réunion qui serait particulièrement attrayant pour les contacts commerciaux.  

    Mais on peut encore aller plus loin, et carrémment aménager de véritables jardins, voire même des serres où l'on pourrait installer de petits potagers capables de fournir en produits bio à faible coût pour les restaurants des entreprises de l'immeuble.   Un hôtel de Toronto procède déjà de la sorte, et a pu chiffrer ses économies annuelles à 30.000 dollars canadiens.

    Voilà pour les avantages économiques, mais qu'en est-il des avantages pour notre environnement ?

    Déjà, la couverture végétale permet de réduire l'accumulation de chaleur pendant la journée, et diminue ainsi l'effet de réchauffement du micro-climat urbain.  Avec, on l'a vu, une incidence directe sur la consommation énergétique des systèmes d'airco.

    Au Canada, le Ministère de l'Environnement a calculé que si seulement 6 % des toits des villes étaient recouverts, la température en ville baisserait en moyenne de 1.5 °C en été, ce qui engendrerait 5% d'économie sur l'énergie gaspillée par les climatiseurs.

    Ensuite, bien entendu, selon le type de couverture, on peut contribuer aussi à l'amélioration de la qualité de l'air, par la fixation, le filtrage et l'absorbtion
    des particules et poussières nocives, et la captation du CO2.
    Certaines entreprises spécialisées dans les toitures végétales proposent même ainsi une épuration des rejets d'air vicié par les systèmes d'airco eux-mêmes.

    Au niveau de l'écoulement des eaux, les toits végétaux permettent de mieux gérer l'influence des eaux de pluie dans le réseau d'égouttage, par exemple, lors de grands orages.   En elle-même, elle absorbe déjà comme une éponge l'eau de pluie, en utilise une partie pour la croissance des végétaux, en évapore une autre, et le surplus ne s'écoule pas en une fois, mais s'étale dans le temps.  Quand on sait que le réchauffement climatique augmente et augmentera encore dans le futur la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes comme les gros orages, on voit ici l'apport possible de ces toits végétaux sur la prévention des inondations, et la gestion des capacités d'égouttage.

    Et l'eau qui finit quand même par se retrouver dans le système d'égouttage est de très bonne qualité, car elle a été filtrée par le substrat végétal.  Au niveau des stations d'épuration, c'est tout bénéfice.   Pour peu, bien entendu, que ces toitures végétales ne deviennent pas des cibles pour toutes sortes de pesticides ou autres poisons "phyto-sanitaires".

    Si on regarde vers le futur, on trouve même des projets aussi ambitieux qu'intéressants, comme celui de deux architectes parisiens de créer une véritable "Tour Vivante" en plein centre urbain, où l'on intègrerait sur les trente étages de la structure pas moins de 700 mètres de serres à vocation agricole.

    Un autre type de mixité verticale en milieu urbain.

    Au niveau du particulier aussi, les toits végétaux sont possibles.  Attention cependant aux impératifs architecturaux: la terre, ca pèse lourd.  On ne recouvre pas ainsi un toit (en plateforme, ou même incliné: c'est possible !) de terre et de plantes sans prendre un minimum de précautions lors de la conception de la structure du bâtiment.   Et en cas de rénovation, les difficultés deviennent rapidement insurmontables.    Mais pour le candidat bâtisseur, pourquoi ne pas le prévoir dès le départ ?

    Dans des régions très chaudes, comme le Sud de la France, par exemple, on peut bénéficier des avantages bio-climatiques que ce type de toiture peut apporter en limitant déjà l'échauffement des habitations.   Un gain de confort assuré.

    Alors, plutôt que de prévoir un coûteux et énergivore système de climatisation dans une habitation privée (ce qui entraîne d'ailleurs, tout comme l'airco des voitures, des problèmes respiratoires parfois sévères pour la santé des habitants, à court, moyen et long termes), comme c'est en train de devenir une mode, d'autant plus ridicule dans le contexte énergétique actuel, pourquoi ne pas oser le pari de la toiture végétale ?

    Quant à l'aspect écologique du procédé (pour répondre à la question de Sébi), si dans le principe, un toit vert est indubitablement intéressant à presque tous les points de vue, il n'en demeure pas moins que pendant sa conception, une attention particulière devra être apportée aux éléments constituant les couches inférieures de la structure mise en place, afin d'éviter que certains matériaux utilisés ne pollue les eaux qui percolent au travers.

    C'est malheureusement le cas de certaines membranes bitumeuses utilisées au niveau de l'étanchéité qui peuvent contenir des substances herbicides.   Une grande attention devra donc être apportée au choix des bons matériaux.

    A cette petite restriction prêt, le toit végétal, au niveau d'un immeuble d'entreprise, ou au niveau d'une construction individuelle n'apporte donc que des avantages: économiques, écologiques et de confort.

    Une variante des toits végétaux est le mur végétal

    Quai Branly Mur végétal les Halles AvignonEn général plus facile à mettre en oeuvre sur des constructions existantes, les exemples les plus connus sont les façades du Musée du Quai Branly, à Paris, ou des Halles à Avignon.

    En savoir plus :

    Pour en savoir plus sur ces sujets passionnants, je vous renvoie aux excellents articles de Wikipedia et d'Ekopedia, particulièrement exhaustifs, et qui comprennent également toutes les explications nécessaires à la bonne réalisation de telles structures, et dont sont aussi extraites les photos illustrant ce billet.

    Pour réentendre la chanson de Georges Brassens...

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

    11/07/2008

    Pas si grave !

    Bonjour à tous et à toutes,

    Aujourd'hui, une petite bouffée d'optimisme dans "Grandeur Nature".
    Comme je mets de temps à autre un autre blog à l'honneur, aujourd'hui, j'ai décidé de sortir un peu des sentiers battus des blogs dits "écolos", pour vous présenter un des blogs les plus inhabituels de la toile francophone: "Pas Si Grave" .

    La jeune mère de famille qui en est à l'origine se fait appeler "L'Eternelle Optimiste", et elle n'aurait pas pu choisir un meilleur pseudo, tant il est vrai que l'optimisme perle à chacune de ses publications.

    Sur les sujets les plus graves, elle trouve toujours un moyen de dire, "Vous savez, il y a toujours pire". Et son optimisme est contagieux.

    Basée en Belgique, elle avoue la trentaine bien sonnée, mais à la lire, on lui laisserait bien un crédit de quelques années...

    C'est sur une suggestion en forme de défi de "Moitié" qu'elle a lancé son blog voilà deux ans.
    Ses sujets de prédilection sont avant tout sa petite famille : "Moitié" et leurs deux enfants, deux adorables petits monstres jamais à cours d'un bon mot.   Mais elle est très loin d'être égocentrique et se tourne toujours volontiers vers les autres.

    Elle ne se considère pas spécialement "écolo" (quoique les sujets sur les problèmes environnementaux de notre époque soient fréquents, et traités avec plein de bon sens), mais juste comme une citoyenne responsable, et responsable de l'avenir de ses enfants et des autres.

    C'est une des premières et des plus fidèles lectrices de Grandeur Nature (et à l'occasion, elle me fait l'amitié d'écrire un petit article pour mon blog, ce dont je suis extrêmement flatté). Mais elle visite aussi d'autres blogs de mamans bloggueuses et beaucoup d'autres aussi, et ne tarit jamais d'encouragements à leur égard.

    La télé, c'est pas son truc. Elle lui préfère de loin le bricolage, le jardinage, la lecture, les ballades dans la nature ou encore les brocantes.   Et le cinéma les jours de pluie.

    wonder womanPetite, elle voulait faire "Wonder Woman". Mais dans la dure réalité de la vie, elle s'est finalement orientée dans une profession plus terre à terre qu'elle définit comme étant "dans le social".   C'est ce qui lui permet aujourd'hui d'être en contact permanent avec des gens en difficulté ou qui souffrent, et de les aider du mieux qu'elle le peut.

    Sa gentillesse, son bon sens, sa générosité, son humour, et cet indécrottable optimisme qui la caractérisent en font une des bloggueuses les plus attachantes, et un des blogs "généralistes" les plus agréables à lire.

    Alors, si de temps à autre, vous avez un petit coup de cafard, visitez donc l'Eternelle Optimiste et son blog "Pas Si Grave" : vous verrez, c'est vraiment bon pour le moral, et on en ressort meilleur !

    (Petite note: Les informations contenues dans ce portrait sont reprises des réponses qu'elle a bien voulu fournir à un petit questionnaire que je lui ai envoyé.   Je tiens ici à la remercier pour avoir accepter de se livrer un peu.)

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

    04/07/2008

    Au feu les pompiers....

    "Seul un idiot se bat dans une maison en feu"



    Cette citation (dont je ne retrouve pas l'auteur.... si quelqu'un le connaît, n'hésitez pas à me le faire savoir....) donne à réfléchir.

    Si on s'imagine habitant une maison dans laquelle un incendie se déclare (je ne vous le souhaite pas !  C'est une expérience traumatisante.  On en reste marqué à vie !), on peut schématiser les réactions possibles comme suit:

    • "Vite !  De l'eau, des seaux, il faut éteindre l'incendie avant qu'il ne soit trop tard".  C'est la réaction de bon sens.  On cherche une solution pour éviter de tout perdre.  Plus on perd du temps, plus l'avenir de la maison est compromis.  L'incendie, lui, se répand alors de plus en plus vite et fini par échapper à tout contrôle.  Si les mesures adéquates ne sont pas prises dès le début de l'incendie, bien souvent, il ne reste plus rien à sauver.
    • "Sauve qui peut, chacun pour soi !  Que les enfants se débrouillent pour s'en sortir".   Et tant pis pour la maison.   Et tant pis pour les autres qui y vivent.  Trop préoccupé par sa propre personne, on ne réfléchit pas plus loin, et quitte à tout perdre, on se dit que tant pis.   Au moins, on ne prend pas de risque, et de l'extérieur, on peut toujours profiter du spectacle.
    • "Ca m'est égal si j'ai mis le feu à la maison.  Je n'ai pas à m'en soucier: les enfants n'ont qu'à s'occuper d'éteindre l'incendie.   Moi, j'ai les moyens de m'en reconstruire une nouvelle."   Variante du "chacun pour sa gueule", c'est en toute connaissance de cause que l'on rejette les conséquences de nos propres actes sur les autres occupants de la maison, et on ne se préoccupe que de soi.
    • "C'est faux, la maison ne brûle pas.  Je ne veux rien savoir.  Je continue à allumer le feu ouvert".   La réaction la plus confortable: on nie l'évidence.  Ce n'est que lorsque l'incendie arrivera dans le salon, enflammera le canapé dans lequel on est confortablement vautré, que, tout paniqué, on se demandera avec des yeux ronds comme des billes ce qui est en train de se passer.
    • "La maison prend feu ?  Et alors ?  Les pompiers vont venir éteindre tout ça !".   Dans un vrai incendie, le départ de feu est le moment critique après lequel il est trop tard.   Tout se décide dans les premières minutes.  On peut encore maîtriser le feu.  Si on ne le fait pas, et qu'on attend passivement que les pompiers arrivent, il se sera propagé un peu partout et en sera que plus difficile à maîtriser.  Bien souvent, de plus, les dégâts provoqués par l'eau qui a servi à éteindre le foyer ont fini d'achever le travail de destruction: on a tout perdu !
    • "La maison brûle ? Eh bien, que mon voisin commence par prendre des mesures pour empêcher l'incendie de s'étendre".   Que de nombreuses fois je n'ai entendu cette réaction !  Que les autres commencent à bouger et alors (peut-être) je bougerai aussi.   Inutile de dire que face à un incendie, je ne donne pas cher de la maison....
    • "Quel beau spectacle, cette maison qui brûle. Rien que pour emmerder les pompiers, je vais aller y jeter un jerrican d'essence.".   Par folie, par cupidité ou par malveillance, certains espèrent la destruction complète de la maison, et oeuvrent en ce sens.


    Inutile de vous faire un dessin.
    Vous aurez vite compris où je voulais en venir.
    En effet, face aux problèmes écologiques et énergétiques de notre époque, on peut retrouver plusieurs types de réactions de la part du public.
    Et elles vont exactement dans les mêmes directions.

    On nie l'évidence, on rejette la faute sur les autres pour justifier sa propre inaction, on attent que les autres citoyens ou les politiques fassent le premier geste, on espère aveuglément une intervention miraculeuse de la science ou pire, on laisse la génération future se dépétrer des problèmes que nous avons créé, en toute connaissance de cause, voire même, on fait tout pour aller dans le sens de la destruction parce que cela rapporte.

    Sauf que quand il s'agit de notre Terre, personne n'aura les moyens d'en reconstruire une autre.   

    Certaines de ces réactions vous paraissent excessives ?  Et pourtant, pour chacune d'entre elles, je me suis basé sur des réactions que j'ai réellement lues ou entendues.  Si, si, aussi incroyable que cela puisse vous paraître, ca existe !

    Et vous, que feriez-vous ?

    Ah oui ! Et au fond, l'étymologie du mot "Ecologie" est formé de deux racines grecques signifiant "Science de la maison"....

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

    27/06/2008

    Commentaires ou forum ?

    Bonjour à tous et à toutes,

    En cette veille de vacances, tout d'abord, une petite information qui, je l'espère, sera accueillie comme une bonne nouvelle:

    Sauf cas de force majeure, la publication des articles va continuer sans interruption pendant tout l'été, au rythme habituel d'un article chaque vendredi !

    Vous êtes en effet plus d'un millier de lecteurs à venir me rendre visite chaque semaine, et pour vous en remercier, je me dois de tout mettre en oeuvre pour continuer à vous servir au mieux de mes possibilités.

    Néanmoins, comme je serai tout de même absent d'Internet pendant une quinzaine de jours, je ne réagirai peut-être pas immédiatement à vos commentaires.  

     

    A propos des commentaires, justement... Je voudrais en parler avec vous.

    Je constate que beaucoup de mes amis bloggeurs et bloggueuses se posent un peu les mêmes questions que moi.  Malgré que vous soyiez aussi nombreux à venir me lire, vous êtes, en comparaison, relativement peu nombreux à laisser votre avis et à venir débattre sur le blog.

    Après en avoir parlé avec certains d'entre vous, j'ai pu mettre en évidence que peut-être, certains éléments vous rebuttent.

    Un point qu'il faut préciser tout de suite: l'adresse e-mail qui vous est demandée lorsque vous postez un commentaire n'est PAS OBLIGATOIRE !

    Je vous conseille d'ailleurs même de ne PAS la compléter, afin d'éviter d'être envahis de courrier indésirable.

    Notez aussi que je suis dans l'incapacité d'enlever une adresse e-mail d'un commentaire, ce que l'on me demande souvent.  Tout au plus, je peux supprimer entièrement le commentaire, mais pas le modifier. 

    Autre élément issu de mes discussions avec certains internautes: le format d'un blog semble être moins bien perçu pour les discussions et débat.  Certains préfèrent les forums.   Personnellement, je trouve que l'on peut très bien discuter sur un blog, en rapport avec l'un quelconque des sujets publiés, mais je comprends que la force de l'habitude peut être tenace.

    Je vous propose ici un petit sondage pour que vous puissiez me faire savoir si vous préfèreriez vous exprimer sur un forum associé à Grandeur Nature, ou si le système actuel de commentaires sur le blog vous satisfait.  Si une nette tendance se dégage en faveur du forum, je pourrais envisager sa création, bien que pour l'instant, j'y rechigne, car je dispose de fort peu de temps libre pour en plus en assurer l'administration....

    Alors, venez vous exprimer, votez, et ditez-moi comment on pourrait stimuler les débats entre nous...

    (Bien sûr, vous pouvez aussi me laisser toutes vos suggestions et idées comme d'habitude via les commentaires...) 

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

    20/06/2008

    L'autre soleil

    Bonjour à tous et à toutes,

    Parmi les techniques de production d'énergie au départ de l'énergie solaire, le particulier en connaît particulièrement deux dont il peut voir les applications et juger de leur énorme potentiel chez lui: le solaire thermique (produisant de l'eau chaude) et le solaire photovoltaïque pour la production d'électricité.

    D'un point de vue industriel, cependant, on peut parfois arriver à d'excellents résultats en combinant ces deux techniques.

    Dans le sud de l'Espagne près d'Almeria, là-même où, il y a une trentaine d'années furent tournés tant et tant de westerns spaghettis, par exemple, on utilise de grands miroirs paraboliques rectilignes qui concentrent le rayonnement solaire sur un tuyau passant par leur foyer.  En bout de chaîne, on retrouve de la vapeur que l'on peut utiliser pour actionner des alternateurs produisant du courant électrique.
    fresdemo
    Ainsi, une centrale pilote de 1 MW, Fresdemo, y est déjà en fonctionnement depuis 1 an.  Ce prototype servira d'évaluation du procédé jusque fin août 2008.   Après cela, la production en série d'unités de 50 MW pourra commencer.


    Une autre méthode de production d'électricité basée sur le soleil est la fameuse tour solaire.  Deux exemplaires, basés sur des principes complètement différents, en existent déjà dans le monde: une en Australie, et une autre encore dans le sud de l'Espagne, près de Séville cette fois (Voyez cette incroyable vidéo en fin d'article).

    solar_tower_sevilla
    Des miroirs concentrent aussi le soleil, mais vers un foyer unique au sommet d'une tour, où la température de 400°C ainsi atteinte sert également à produire de la vapeur pour faire tourner des alternateurs.

    11 MW sont ainsi déjà produit par cette tour.

    En Australie, dans un des déserts les plus arides au monde, une autre tour solaire utilise un principe différent:

    solar tower enviromissionLa tour (dont le prototype existe déjà depuis plus de 25 ans !) est basée sur une grande structure de verre qui, par effet de serre, chauffe l'air qui se trouve en dessous d'elle.Schéma_fonctionnel tour solaire

    Cet air, qui comme chacun s'en souvient depuis la brillante démonstration des frères Montgolfier, étant plus léger que l'air ambiant plus froid, s'engouffrera alors dans une sorte de grande cheminée où il actionnera au passage des alternateurs électriques.



    Ces solutions, pour exotiques qu'elles paraissent, ont déjà au moins le mérite d'exister, et d'avoir prouvé la faisabilité des différents concepts.  Contrairement à des annonces retentissantes que l'on entend parfois à propos de telle ou telle nouvelle technique de production de panneaux photovoltaïques, on n'en est plus à la simple curiosité de laboratoire.

    Il y a ici un réel potentiel de développement pour une technologie efficace et très performante.

    En savoir plus:

    A vendredi prochain !

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

    13/06/2008

    Chaleur des villes, chaleur des champs

    Il y a quelques semaines, dans le billet sur la mixité verticale, j'avais abordé une problématique pûrement urbanistique: la cohabitation des fonctions, et l'utilisation rationelle des surfaces et volumes.

    Il y a encore beaucoup à dire sur ces lieux si particuliers que sont les villes. 

    Par exemple: le réchauffement climatique sera-t-il plus dur à encaisser dans les grands villes qu'en rase campagne ?
    Et bien, il semblerait bien que oui.

    Les grandes villes sont effectivement le siège d'un phénomène que vous avez déjà peut-être constater par vous-mêmes: il y fait plus chaud qu'ailleurs.

    Ce phénomène d'"Ilot de Chaleur Urbaine (ICU)" a déjà été identifié au début du XXème siècle, et n'est donc pas nouveau.
    Ce qui signifie qu'une partie au moins de ses causes sont inhérentes à l'architecture et l'urbanisation en tant que telle.  Les activités humaines et le dérèglement climatique étant des facteurs aggravants.

    J'explique:
    Les surfaces sombres sont légion en ville.  Les routes, les toits, tout ça est sombre.  Or, il ne faut pas avoir fait 10 années d'université pour comprendre qu'une surface sombre au soleil accumule de la chaleur qui sera restituée pendant la nuit.

    Donc en ville, cette chaleur non évacuée (non réfléchie) provoque un accroissement parfois spectaculaire des températures au niveau local.  Ainsi, à Pékin ou Tokyo, on a pu observer des élévations de l'ordre de 10 à 12°C par rapport aux campagnes environnantes.

    La concentration d'activité humaine (la chaleur dégagée entre autres par les véhicules et les systèmes de climatisation) ajoute à l'effet global.

    Et cet accroissement de température entraîne l'habituel train de problèmes de santé publique: Formation de smog, problèmes respiratoires et cardiaques, vagues de décès en période de canicule...

    Alors comment combattre cela ?
    Sur le plan énergétique, c'est clair: il vaut mieux prévenir que guérir.  Dès lors, le bon sens dicte de réduire la circulation automobile en ville et réduire les clims.  Parsemer les toits de panneaux solaires pour la production d'eau chaude (réduisant d'autant les rejets des chauffe-eaux)

    Mais sur le plan pûrement urbanistique aussi, on peut penser mieux l'agencement des villes: créer des espaces verts (il existe d'ailleurs aussi ce que l'on nomme les toits végétaux, mais ce vaste sujet méritant à lui seul un article, j'y reveindrai dans quelques semaines), des plans d'eau et des fontaines.  Eclaircir les surfaces sombres en repeignant les toits des immeubles ou les routes etc...

    A Los Angeles, cette mesure à priori curieuse pourrait être un enjeu économique important.  On parle d'économiser jusqu'à 500 millions de dollars par an : 150 millions d'économies d'énergie sur les clims, et 350 millions de par la baisse des niveaux de polluants atmosphériques.

    Tiens, on pourrait tous apporter quelque chose en ce sens.  Je suis sûr que c'est une mesure inédite: J'ai chez moi une allée recouverte de gravier de porphyre, et exposée plein sud.   En été, on sent bien l'accumulation de chaleur à cet endroit.  Récemment, j'ai dû apporter un peu de gravier supplémentaire: mon choix s'est porté sur un gravier nettement plus clair que le précédent, qui se retrouve ainsi mélangé.  On verra cet été, mais en toute logique, la différence sera sensible.

    Pensez-y, si vous avez une allée, une terrasse à refaire, une façade à repeindre, etc...   Donnez une préférence à des teintes plus claires...

    Comme d'habitude, ca ne sauvera pas le monde, mais comme cela ne peut pas lui faire de tort non plus, ca va donc dans le bon sens. 

     

    En savoir plus:

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    06/06/2008

    Guindaille avec des baveuses

    Ca y est !  Comme chaque année, elles sont de retour.

    Un temps très humide et chaud comme celui qui règne sur notre Belgique depuis quelques semaines et elles pullullent dans les jardins.

    "Elles", ce sont les limaces, celles qui viennent ravager vos parterres et ruinent irrémédiablement vos nouvelles plantations.

    Non pas que ces animaux soient particulièrement nuisibles, non, c'est juste qu'elles sont pour le moins un peu trop présentes.   Si on les laisse faire, elles se multiplient à une allure phénoménale, et rapidement, la situation peut évoluer hors de tout contrôle.

    Pour les éliminer, plusieurs méthodes existent:

    • Le sel: le plus simple à mettre en oeuvre, mais pas forcémment le plus efficace.  Il faut en effet poser le sel sur la limace pour que cela agisse.  Si vous vous contentez de le répandre, il risque en plus de faire du tort à certaines plantes fragiles.  Et à la moindre pluie... c'en est fini.
    • Les granulés bleus:  alors ca non !  A éviter à tout prix.   Le principe actif est présenté comme sans danger, mais les limaces mortes, ingérées par la suite par les oiseaux qui viennent s'en régaler provoque leur empoisonnement.
    • Le piège à bière: La troisième méthode est en même temps peu coûteuse et très efficace.  Disposez une boîte en plastique dont vous aurez percé le couvercle, ou un vieux pot quelconque, légèrement enterré et versez-y de la bière sur une hauteur d'une dizaine de centimètres.   Inutile de vous ruiner: la bière en canette la moins chère que vous pourrez trouver fera très bien l'affaire.  
      Un couvercle augmente l'efficacité du piège en empêchant les évasions.
      Le résultat est garanti: Quelques heures après avoir placé le piège (un peu à l'abri de la pluie, si possible), vous verrez affluer des rangs entiers de limaces attirées par l'odeur, à plusieurs mètres à la ronde.   
      Après une semaine, il faut vider le piège, le rincer et le regarnir de bière, afin d'éviter des odeurs trop fortes.

    IMG_0441     IMG_0435
    "Elle est des nôôôôôôtres, elle a bu son verre comme les au-au-tres....."

     (Cliquez sur le texte ci-dessus pour entendre la chanson issue du folklore estudiantin belge....   Des souvenirs... ;-)))

    En savoir plus:

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    30/05/2008

    L'écolo écono

    Voilà un an je vous présentais la journaliste et bloggueuse Cécile Gladel.

    Aujourd'hui, Cécile ajoute une corde à son arc en poubliant son premier livre:
    "L'écolo écono".

    zoomecolo_econo_1210945205

    Comme le titre le laisse supposer, nous avons ici un recueil de trucs visant à nous aider tous à poser de petits actes qui font du bien à notre environnement ET à notre portefeuille.

    Bien sûr, vous allez me dire que le concept n'est pas neuf, qu'il est même carrémment à la mode et que plus personne n'est à convaincre, et vous n'auriez pas tort.
    Cependant, le livre de Cécile Gladel a ceci d'intéressant que pour la première fois, nous avons ici un recueil sous forme de guide qui peut vraiment s'adresser à tout le monde.

    Le livre est structuré en plusieurs parties.
    La première d'entre elles donne des principes de base valables tout le temps et partout.  Les petites choses auxquelles on devrait déjà penser tous les jours, et qui sont à la base de tout.   
    Ensuite, un chapitre spécifique est dédié à chacun de nos principaux lieux de vie (bureau, jardin, cuisine, voiture, ...), avec une petite quinzaine de trucs pour chaque.

    Sur le plan "écono", l'économie que chaque truc peut éventuellement apporter est quantifiée.

    Là où le livre de Cécile Gladel est tout particulièrement incontournable, c'est qu'il utilise une structure souvent utilisée sur certains blogs ou sites d'information, (et que vous connaissez bien si vous me lisez régulièrement ;-)) qui consiste à proposer, pour chaque petit truc, quelques liens internet permettant d'obtenir plus d'informations sur le sujet abordé.

    "L'écolo écono" devient ainsi le point de départ d'un parcours d'informations en utilisant les ressources du net pour en savoir plus, grâce à un nombre important de références (dont une à Grandeur Nature... Merci Cécile, je suis flatté ! ;-))

    Quant aux trucs eux-mêmes, vous objecterez que vous les connaissez déjà: prendre des douches à la place de bains, débrancher les appareils en veille etc...
    Détrompez-vous.  De nombreux trucs totalement surprenants et certainement très efficaces vous sont servis ici dans un langage clair, jamais barbant, à la portée de tous, et sans grandes théories (celles-ci sont toujours disponibles au travers des liens internet fournis).

    Par exemple:

    • Savez-vous quelles plantes utiliser dans votre intérieur pour en purifier l'air ?
    • Saviez-vous où trouver des robes de mariée écolo en matières biodégradables ?
    • Saviez-vous qu'en plantant de la menthe à proximité de vos rosiers, vous n'auriez plus besoin d'acheter d'insecticides anti-pucerons ?
    • Saviez-vous que les mégots de cigarette jetés en rue sont extrêmement polluants ?
    • Enfin, saviez-vous qu'il y a moyen de se passer totalement de papier toilette, tout en gardant une hygiène totale ?
    Alors bien sûr, au hasard de ce livre, vous tomberez bien sur l'un ou l'autre truc que vous connaissiez déjà.  C'est normal, c'est le cas de tout le monde.  Mais dans l'ensemble, il y en a beaucoup d'inédits que vous pourrez découvrir dans ce petit ouvrage pas cher qui devrait aisément trouver sa place dans tous les foyers.

    Pour les besoins de ce petit billet, j'ai lu le livre de la première à la dernière page, mais on pourrait aussi l'aborder un peu au hasard.  Se dire: "Tiens, aujourd'hui, je vais jardiner; voyons voir s'il n'y a pas un petit truc que je pourrais appliquer"

    Cerise sur le gâteau: l'ouvrage est imprimé en respect du cahier des charges Imprim'Vert (voir liens informatifs ci-dessous).

    Petit livre donc à emmener pour feuilleter sur la plage cet été, il est disponible en Europe selon les coordonnées reproduites ci-dessous.
    Les infos sur la version québecquoise sont disponibles sur le blog de Cécile Gladel

    En savoir plus:

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

    23/05/2008

    "Moi veux ça !"

    L'autre jour, je faisais une petite course de dernière minute dans une supérette (vous avez déjà fait un barbecue sans un bon petit rosé, vous ?  Inconcevable !), et ma route entre les rayons croise celle d'une jeune maman accompagnée de sa très jeune progéniture.

    Le petit garçon, 2 ans à tout casser, confortablement juché sur le siège intégré du caddie suivait avec grand intérêt le défilement des produits dans les rayons.

    Rayon petit déjeuner.

    La maman choisit des céréales classiques dans un emballage classique, mais le futur décideur a tôt fait de partager SA vision des choses: une boîte de céréales bien colorée, affublée d'images tapageuses d'un super-héros quelconque et surtout la promesse d'un petit gadget aussi inutile qu'...inutile devait immanquablement présenter à ses yeux de bien plus grandes qualités que le morne boîte choisie par maman.

    Le "Moi veux ça !" qui retentit alors me fit presque sursauter par son implacabilité.

    - "Mais enfin mon chéri, tu sais bien, ce sont les céréales que tu n'aimes pas parce qu'il n'y a pas de chocolat dedans."
    - "Moi veux ça !" s'entêta l'être minuscule au pouvoir démesuré.
    - "Mais, mon chéri, tu ne les mangeras...."
    - "MOI VEUX CA !".
    Et "CA" finit par remplacer le boîte précédemment choisie par maman dans le caddie.

    Ma première réaction fut amusée.
    Pauvre jeune maman: elle doit en voir des vertes et des pas mûres avec ch'te biloutte-lô !
    Et bien vite, je repensai aux ravages que l'extrémisation des théories de Françoise Dolto ont pû faire dans nos modes d'éducation.  Après l'enfant-roi, nous sommes vite passés au pays de l'enfant-dictateur....

    Mais, bon. Soit.

    Rayon friandises (comme par hasard, astucieusement placé de telle sorte qu'il devient un véritable passage obligé pour pouvoir se rendre à la caisse).

    Je décide de suivre la jeune maman.   D'autant plus que de toute façon, c'était aussi mon chemin (mais si, je vous assure ! ;-))

    Maman essaie d'accélérer le mouvement.  Elle se démène assez bien aussi pour capter l'attention de son petit avec son trousseau de clés et le petit grelot qui y est attaché, mais, pas de bol, le radar intégré à ces petits monstres a capté ce qu'il ne devait pas capter: de ficelles colorées en paquets de chips orangés en passant par les biscuits secs, puis au chocolat, puis aux fruits secs, tout est capté, analysé, classifié à vitesse grand V.

    Le regard ne se pose même plus sur maman, et le grelot n'a aucune chance face aux charmes des emballages tapageurs et aux couleurs dégoulinantes de leur contenu.

    Maman, inattentive, s'est rapprochée un peu trop près du côté droit du rayon, juste au moment où l'on arrivait aux bonbons acidulés.
    Sans doute pour laisser passer ma voisine qui arrivait d'en face et me reconnut.   

    Elle me salue et engage la conversation.  Je dois laisser s'échapper la jeune maman, mais j'ai quand même pu apercevoir notre petit loustic lancer un de ses appendices préhensiles et happer un paquet en plastique contenant une substance quelconque destinée sans doute à fournir du travail pour les années à venir aux différents dentistes et diabetologues que compte notre ville.

    Maman tente un geste d'interception, mais la brusque élévation du niveau sonore ("MOI VEUX CA !!!!") la dissuade une fois pour toutes.

    - "Bon dimanche, Mme Martin, et passez donc prendre un coup de rosé cet après-midi...".

    Ma voisine me remercie et m'assure que nous nous reverrons plus tard.

    L'évocation du doux breuvage en question me rappelle pourquoi j'étais là en fait, et n'ayant besoin de rien d'autre, je continue mon chemin dans le rayon friandises.

    Voilà belle lurette que mon épouse pousse, autant que possible, à remplacer chips, cacahuètes et autres joyeuselleries bien grasses et bien salées destinées, elles, sans doute, à financer les retraites des différents cardiologues et diététiciens de notre ville, par des crudités (choux fleurs, carottes, etc...) accompagnés, pour qui le souhaite, d'une petite sauce cocktail légère.  

    C'est donc sans remords que j'arrive au bout du rayon friandises pour me retrouver à la caisse.... juste derrière la jeune maman et son supérieur hiérarchique.

    bébé_fâchéLe chef semble très intéressé par le petit tube de bonbons colorés surmonté d'une tête de personnage, sorte de trophée pour pygmées de jardin d'enfants.   La main agrippe et le regard se pose immédiatement sur maman.   J'y lis comme dans un livre ouvert un dialogue silencieux et terrifiant:
    - Alors, vas-y,... dis quelque chose...
    - ...
    - Vas-y, dis que je ne peux pas...
    - ...
    - Tu n'oses pas, hein ?  Tu te dégonfles ?
    - ...
    Et constatant l'échec de sa stratégie, la bouche s'ouvre, les yeux s'arrondissent:
    - "Moi veux ça ?"

    Devant cette syntaxe quelque peu particulière, mêlant directive totalitaire et interrogation feinte, la jeune maman laisse transparaître son découragement et soupire:
    - "Pfff, .... Lucas...."
    - "MOI VEUX CA !!!"
    Absence de point d'interrogation !   Affirmation !   Décision !  Et-c'est-comme-ça-et-pas-autrement ! Et-si-t'es-pas-d'accord-et-bien-ramasse !
    Et vlan !

    Le tube de plastique est envoyé valdinguer par terre, où il se fend.
    - "Vous allez être obligée de le prendre maintenant, madame" en rajoute la caissière qui n'avait rien perdu de l'affaire.

    Maman ramasse et tient le tube martyrisé d'une main en sortant son porte-monnaie de l'autre.
    - "MOI-VEUX-MOI-VEUX-MOI-VEUX-MOI-VEUX" répète inlassablement la chose en se dépliant du plus qu'il peux pour tenter d'attraper son butin.   

    La carte bancaire ayant rempli son office et réintégré le sac à main, aux côtés du tube de bonbons, c'est sous une litanie de "MOI-VEUX-MOI-VEUX-MOI-VEUX-MOI-VEUX" enflant progressivement pour bientôt atteindre le paroxysme de l'hystérie que Maman et Lucas sortent de la supérette....

    Je suis rentré chez moi avec mon rosé.

    Et là, je vois mes enfants jouer dans le jardin.  Ils ne sont pas comme ça, eux, quand même...  Quelle chance j'ai, tout de même.

    Mais au fond, .... Je me demande.....

    Je vais à la cuisine, et ouvre l'armoire du petit déjeuner.  Et devant mes yeux ébahis se tiennent, en rang d'oignon, aligné dans un style militaire sans concession des boites de céréales de toutes sortes, allant du super-héros arachnéen à l'aventurier au chapeau mou et fouet, de biscuits héros de la jungle se baladant de liane en liane et j'en passe et des plus chers.

    Je prends conscience.
    Et là mes yeux s'emplissent d'effroi.

    Ainsi donc, ici aussi, nous serions sous la coupe de ces dictateurs en culotte courte ?   Ainsi donc, nous n'aurions rien vu venir ?

    Dépité, je me rends dans mon salon, et je m'affalle dans mon canapé, lieu préféré de mes cogitations solitaires.

    Et là, mon regard se pose sur l'alignement d'étagères de mon impressionnante collection de CD's (je suis très mélomane depuis mon adolescence), et je me souviens parfois de la difficulté pour obtenir certains exemplaires rares, et je me rappelle combien je désirais certains d'entre eux, jusqu'à courir parfois très loin pour les acquérir.  

    Et je m'entends.
    Dans ma propre tête.
    Avec ma propre voix :
    "Moi veux ça !".

    Et bien, croyez-moi, ce jour-là, mon rosé n'avait plus le même goût...

    Moralité:
    Ne faites JAMAIS vos courses avec vos enfants.

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |