01/04/2010

Les hydroliennes wallonnes bientôt subsidiées

Paul De Visser est un entrepreneur heureux.
Un an jour pour jour après la création de sa PME "Dessent SPRL" sur les hauteurs de Bioul, le premier gros contrat commercial à l'étranger vient d'être signé en Angleterre avec la ville de Fishaven (New Hampshire).   Dessent fournira 5000 hydroliennes à la ville qui en équipera tous ses bâtiments administratifs et logements sociaux.

Mais de quoi s'agit-il ?

Comme tout le monde le sait, il y a peut-être beaucoup de vent en Belgique, mais sa répartition sur notre territoire n'est pas égale partout: La Flandre dispose ainsi en effet d'un potentiel éolien plus élevé qu'en Wallonie.   En revanche, au niveau des précipitations, les deux régions se trouvent sur un pied d'égalité

D'où l'idée de Monsieur De Visser de récupérer, du moins en partie, l'énergie gaspillée au sein même de nos conduites de descente d'eau de pluie par ces milliers de mètres cube d'eau qui, chaque année, dévalent les pentes de nos toits.

Un petit boîtier d'environ 15 cm de côté, simplement posé au pied de la descente pluviale équipé d'une petite roue à aubes actionnée par la chute d'eau, entraînant un petit alternateur capable de produire jusqu'à 1 kW d'électricité par temps de fortes pluies.

L'avantage du système est évident: sa simplicité de mise en oeuvre (un bricoleur peut réaliser lui-même son installation), et son coût très bas pour un rendement assuré

dans les pays fortement arrosés comme le Royaume-Uni ou notre Belgique (les prototypes installés au domicile privé de Monsieur De Visser ont produit jusqu'à 30% de son eau chaude sanitaire au cours de l'hiver 2007-2008 malgré une pluviosité relativement modérée pour la saison).  Tout cela devrait assurer à l'hydrolienne de Dessent un beau succès commercial.

La Région Wallonne ne sera pas en reste.  Afin de promouvoir cette énergie qualifiée de bleue, elle lance dès ce 1er Avril des incitants à l'installation des hydroliennes pour toute nouvelle construction sur le territoire wallon.  Une prime équivalente à 30% du coût global du système sera versée à tout particulier ou entreprise désireuse de s'équiper de la sorte.

Et pour concrétiser son engagement, un projet grandeur nature, entièrement financé par la Région, verra le jour dès ce printemps dans le centre-ville de Namur.

En effet, ce sont pas moins de 1000 ménages qui pourront être équipés gratuitement d'hydroliennes.   Les ménages seront choisis en fonction de la surface arrosée de leur toiture afin d'optimiser le rendement des générateurs.

Notons pour mémoire cependant que ce projet d'envergure soulève les objections de quelques groupes d'opposants qui estiment que les nuisances engendrées par ces hydroliennes ne seront pas compensées par les avantages de cette technologie.  Ils avancent en effet des mesures de bruit sur les prototypes faisant état de niveaux sonores sur une fréquence qui pourrait incommoder les petits animaux domestiques tels les hamsters ou les poissons rouges.   Ils évoquent aussi, simulations photographiques à l'appui,  les atteintes au paysage de certains centres-villes à caractère historique où les boîtiers montés sur les descentes d'eau de pluie ne s'intègrent pas à l'esthétique urbaine. 

Monsieur De Visser propose une table ronde sur le sujet où il pourra offrir des alternatives.  On avance déjà plusieurs possibilités, comme des reproductions des armoiries de la ville sur les faces visibles des boîtiers.  Un compromis devrait pouvoir être trouvé, bien que les opposants au projet fourbissent déjà leurs armes et évoquent aussi les possibles répercutions négatives sur le tourisme, craignant une désertion de nos centres-villes par les touristes rebutés par la multiplication des hydroliennes à tous les coins de rue.

Nul doute que l'été sera chaud et,... espérons-le, très pluvieux !

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |