01/04/2009

Prototype révolutionnaire !

Un prototype révolutionnaire d'éolienne offshore inauguré aujourd'hui à Comodoro Rivadavia, en Argentine.

bjorn_radvikFruit de la collaboration entre Björn Radvik (Photo ci-contre), un pêcheur danois passionné d'éoliennes et l'Université de Buenos Aires, la spin-up "NoMast" vient de donner les premiers tours de pales à son premier prototype opérationnel.

Ce nouveau concept a ceci de révolutionnaire que pour la première fois, les chercheurs ont réussi à rendre opérationnelle une éolienne sans mât.

"Les infra-sons produits par les turbines et véhiculées par le mât jusque dans les fonds marins perturbent gravement l'ouïe des bancs de cabillauds" explique Björn Radvik. "Imaginez-vous que vous habitiez à côté d'un aéroport international et que vous subissiez jour et nuit le bruit du survol de votre maison par des avions à réaction.  Nulle part en Europe, on ne tolèrerait cela !   Alors, pourquoi les cabillauds, les merlans et les sardines devraient-ils subir cela ?" s'emporte le pêcheur.   "Je ne suis pas contre les éoliennes, mais la pêche est mon gagne-pain.   Et mes zones de pêches se vident depuis l'ouverture du parc de Middelgrunden.  Aussi me suis-je associé à l'Université de Buenos Aires après avoir visité leur parc d'expérimentation éolienne de Comodoro Rivadavia pour rechercher une solution.".

Après de nombreuses années d'études et d'essais en soufflerie, le prototype, que Leonard Da Vinci n'aurait pas renié, est enfin prêt.

Il est articulé autour d'une structure autoportante, sans support fixe, pouvant s'élever verticalement sous l'effet de la rotation des pales disposées horizontalement (une autre innovation de NoMast), et cela pour des vitesses de vent théoriquement très faibles.

Divers capteurs embarqués permettront d'évaluer en permanance les paramètres du vent et d'ajuster ainsi la position de l'ensemble pour un maximum d'efficacité.

La puissance utilisable de ce genre d'installation n'est pas encore connue, mais on pourrait atteindre des "niveaux tout à fait intéressants" annonce-t-on à Buenos Aires.

L'absence de mât et de structure de maintien oblige cependant pour l'instant à un guidage manuel de la structure afin que celle-ci reste correctement alignée avec son poste de transformation, ancré au sol.

"Je travaille actuellement au développement d'un système expert, basé sur l'intelligence artificielle, pouvant assurer le guidage automatique de la structure et rendre possible le commercialisation à grande échelle sans la nécessité de devoir prévoir un opérateur humain pour chaque turbine, ce qui menacerait la rentabilité du produit.", explique fièrement Björn Radvik. 

Le système permetterait même de limiter l'impact sur l'avifaune et les ULM en procédant à des manœuvres d'évitement pour prévenir toute collision.

La grande difficulté rencontrée jusqu'à présent par les concepteurs du projet concerne le bruit.  La "NoMast" semble en effet être, de par son principe même, condamnée à être plus bruyante qu'une éolienne traditionnelle.  A Comodoro Rivadavia, on se veut néanmoins rassurant, le marché offshore se préoccupant finalement fort peu de cet impact.   Néanmoins, les recherches se poursuivent : "A terme," , poursuit Radvik, "lorsque l'on aura résolu le problème du bruit, on pourra même envisager l'utilisation du concept NoMast pour des éoliennes à l'intérieur des terres (onshore, NDLR).  Ainsi, on obtiendra des éoliennes qui deviendront litéralement invisibles lorsqu'elles ne tourneront pas, car elles retourneront se poser au sol, disparaissant ainsi du paysage"

Et comme Bjorn Radvik a vraiment pensé à tout, il prévoit même la possibilité de mettre en place l'organisation de représentations de type son et lumière autour des parc éoliens où l'on pourrait faire "danser" les éoliennes au rythme d'une musique spécialement composée pour l'occasion. Un compositeur avant-gardiste allemand aurait d'ailleurs déjà été commandité pour composer la "Wind Music", version néo-moderniste électro-minimaliste de la "Water Music" de Haendel.  Le projet apporterait ainsi en plus, des retombées économiques positives pour les régions prenant le forme d'attractions touristiques centrées sur les éoliennes, et génératrices de nombreux emplois.   Il semblerait même que la société nouvellement créée aie déjà été approchée sur cette question par les plus hautes instances en matière d'économie d'une région d'Europe qui auraient même déjà proposé un programme d'incitants financiers et diverses aides logistiques à l'installation de ce type de structure.  Mais Radvik reste laconique sur l'identité de la région en question: "Rien n'est encore fait.  Nous sommes encore en pourparlers. Il existe des règles régissant la concurrence au niveau européen, et nous les étudions actuellement ensemble".

Nul doute que l'on parlera sans doute encore beaucoup de ces éoliennes d'un nouveau type dans les mois à venir.
En attendant, ce sont les poissons qui vont être contents !

NoMast_prototype

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09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

WOAW
voici un concept plus que séduisant.
en effet les problèmes des fermes éoliennes off-shore ont souvent été sous-estimé.
David, as-tu déjà un peu plus d'infos techniques sur ce projet ?

- rendement de la turbine après soustraction de la consomation des stabilisateurs verticaux ?
- un modèle à usage domestique est-il prévu ?
- une idée du prix de reviens par rapport à une éolienne classique ?
- le nombre de personnes abusé par cette news en ce jour précis ? ;-)

courage à Björn Radvik comme quoi les pécheurs ne sont pas tous des exploiteurs de la mer

Écrit par : wallid | 01/04/2009

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excellent!

Écrit par : lara | 01/04/2009

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Ahah trop drole ! jusqu'à la photo finale j'y avais cru.

Écrit par : Dimitri | 01/04/2009

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