26/09/2008

Plaie d'argent n'est pas mortelle. La Faim, oui.

Rien à voir avec l'environnement.
Cette semaine, juste une petite réflexion.  Vous savez: de celles qui vous dérangent et finissent par vous trotter dans la tête au milieu de la nuit.
De celles qui d'abord vous mettent mal à l'aise, puis très rapidement vous écoeurent.

Dans la crise financière qui secoue les marchés boursiers du monde entier, on a assisté ces dernières semaines à des interventions multiples des différentes Banques Centrales en vue, qui de sauver un organisme de crédit ou une compagnie d'assurances à la dérive, qui d'injecter des liquidités sur les marchés pour les redynamiser.

En quelques semaines, ce ne sont pas moins de 400 milliards de dollars qui ont ainsi été dégainés en catastrophe.   Et c'est loin d'être fini, puisqu'il est déjà prévu de débloquer 700 milliards de dollars supplémentaires en deux ans pour soutenir le système financier américain.

Il y a quelques mois, les Nations-Unies ont publié un rapport duquel il ressort qu'il faudrait investir 30 milliards de dollars pour éradiquer la faim dans le monde.

Et voilà....  à méditer, tout simplement.
Arrêtez votre lecture ici quelques instants, relisez ces deux chiffres, comparez-les, et imaginez-vous ce que cela représente.

Et à surtout ne pas oublier, lorsque aux prochaines élections où vous aurez la chance de pouvoir démocratiquement vous exprimer, certains candidats se présenteront à vous dans leurs plus beaux atours d'ultra-libéraux arrivistes assoiffés de pouvoir....
Demandez-vous simplement si vous avez les moyens, si vous pouvez vous permettre de voter pour ces gens-là....

Pour nous les Belges, ce sera le 9 juin 2009.
Enfin,... en principe.

Mange_ton_pognon

 

Bon appétit ... et à vendredi prochain !

 

Pour faire quelque chose:

Pour lutter contre la faim dans le monde : Le Site de Caritas International

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

19/09/2008

La fin des 4x4

Cette année plus que jamais, les milieux financiers attendaient avec inquiétude les résultats économiques des producteurs d'automobiles dans le monde.

La hausse continue des prix des produits pétroliers en 2007 et au premier semestre de cette année était effectivement vue comme une menace sur ces résultats.
Climat et voitures

Et les financiers avaient raison.


L'impact de la hausse des carburants a eu comme conséquence immédiate partout dans le monde (Etats-Unis en tête, rapidement suivis par l'Europe) que les consommateurs cherchent à acheter des véhicules moins gourmands.  Et donc, se dirigent vers des cylindrées et carrosseries plus raisonnables.

L'effet fut particulièrement marquant aux Etats-Unis.  Canal Z (chaîne belge d'informations financières) a diffusé dans le courant du mois de juillet un reportage particulièrement significatif sur le marché des véhicules d'occasions aux Etats-Unis.  On a pu suivre ainsi le (heureux ?) propriétaire d'un bon gros 4x4 en assez bon état, se rendant chez un spécialiste de l'occasion, et se voyant proposé pour son véhicule la rutilante somme de... 250 $ (180 EUR environ) !

Et le résultat est là: les Américains se débarrassent de leurs gros bidules et le marché est saturé de 4x4 d'occasion dont plus personne ne veut.

La corollaire de cela au niveau des producteurs est que les Américains comme GM (General Motors), Chrysler ou Ford se retrouvent maintenant avec des stocks considérables de gros véhicules neufs qu'ils n'arrivent plus à vendre.   Ces constructeurs n'ont pas (pû ou voulu) anticiper la tendance vers des voitures moins sales et se retrouvent maintenant avec des résultats catastrophiques.
Des milliers d'emplois vont ainsi malheureusement passer à la trappe.

Chez General Motors, c'en est au point que, pour redresser un peu l'équilibre financier, le constructeur essaie désespéremment de revendre sa division Hummer au tiers de sa valeur et ne trouve même pas un acquéreur !

Au total, si les pouvoirs publics américains n'avaient pas injecté des liquidités directement dans ces sociétés comme elles l'ont fait aussi pour sauver certains établissements de crédit, leur avenir (celui de GM en particulier) aurait été loin d'être assuré.

Quant aux constructeurs européens, la situation n'est que légèrement différente.  Certains producteurs français ayant traditionnellement dans leur gamme davantage de voitures petites ou moyennes s'en sortent mieux que les autres.   Mais globalement, l'effet est le même qu'aux Etats-Unis: les gros machins obèses sur roues n'ont plus la cote et encombrent les stocks.

On peut s'attendre très prochainement à de grosses braderies de prix sur les 4x4, mais y aura-t-il encore des clients ?  Quiconque fera la calcul de prix de revient en intégrant le coût du carburant renoncera rapidement à ces ridicules machins.
Le marché des voitures de société représentant en Europe un tiers du parc automobile étant aussi poussé au vert par des incitants fiscaux (en France et en Belgique, entre autres) n'est plus acheteur non plus de cette gamme. 

De plus, là où il y a quelques années, posséder un 4x4 pouvait, pour certains, être un objet de fierté, signe de (ou fantasme d'afficher) une réussite sociale, aujourd'hui, de plus en plus, rouler en 4x4 n'attire plus de tout de regard d'envie.   L'image d'un choix démodé véhiculant plutôt le sentiment d'un égoïsme pitoyable, ringuard et caricaturalement ridicule est devenue prédominante.

Et donc, on peut prédire que dans un avenir tout proche, on pourra se réjouir de voir progressivement disparaître les 4x4 et autres futilitaires des catalogues.
Et comme aux Etats-Unis, le marché de l'occasion pour ce segment va très rapidement  s'effondrer également.  

Autant le savoir maintenant, si vous en avez encore un et que vous voulez récupérer plus de 180 EUR lors de sa revente....

Bon week-end !


Pour en faire plus:

Vous avez la possibilité de mener deux types d'action pour accélérer la disparition des 4x4 de nos routes et trottoirs:

  • Premièrement, interpellez vos élus locaux pour qu'ils repensent l'accès des centres-villes aux véhicules inadaptés, et en particulier les 4x4.
  • Ensuite, vous pouvez aussi cliquer sur l'image ci-dessous pour ouvrir un document PDF à imprimer

4x4 = egoisme * Soit sur étiquettes autocollantes à coller sur les pare-brises des 4x4 en ville.

*Soit sur papier ordinaire à insérer sous l'essuie-glaces.

    (Une initiave de www.ecolOzone.net)

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

    12/09/2008

    Rester branché, c'est démodé

    En France, on a calculé que pour alimenter tous les appareils qui restent en permanence branchés en veille (téléviseurs, chargeurs en tous genres,....), on utilisait l'entièreté de la production électrique d'un réacteur nucléaire.

    Tout cela, en pure perte, bien entendu, mais pas pour tout le monde, puisque c'est le consomamteur final qui paye.  C'est à dire vous et moi.

    Et voyons ce que cela coûte chez chacun d'entre nous.

    Tout d'abord, les bases: en une année, il y a 365 x 24 heures = 8760 heures. Un dispositif quelconque consommant 1 W restant branché en permanence pendant un an aura donc consommé 8760 Watts, soit 8,760 kWh.   Les prix de l'électricité variant très fort selon que vous me lisiez du Canada ou de Belgique, je ne ferai donc pas de calcul de prix ici, mais rine ne vous empêche de le faire à titre d'exercice.

    J'ai procédé à quelques mesures des consommations en veille des appareils dont je dispose chez moi, histoire de vous donner une idée de ce qu'il y a à économiser.  Sans entrer dans les détails techniques, je n'ai pas fait les mesures à l'aide de ces petits appareils que l'on vend pour mettre dans une prise de courant, car ils ne sont pas assez précis dans les petites consommations; j'ai utilisé un appareillage de mesure électronique qui garantit une précision de 5%)

    • Un téléviseur récent peu énergivore : 3 Watts
    • Un lecteur DVD : 4 Watts
    • Un four à micro-ondes : 22 Watts (et oui !)
    • Mon chargeur de GSM : 4 Watts
    • Celui de mon épouse : 4 Watts
    • Mon PC portable : 9 Watts
    • Mon PC de bureau et son écran : 8 Watts
    • Mon imprimante : 11 Watts
    • Les autres périphériques (Disque dur, Hub USB...) : 13 Watts
    • Mon modem Wi-Fi : 21 Watts

    Voilà pour l'essentiel.

    Evidemment, avant de faire la leçon aux autres, je tiens à préciser que aucun de ces appareils ne reste branché chez moi s'il n'est pas utilisé.  

    Mais supposons que ce soit le cas.   Je consommerais en permanence et en pure perte pas moins de 99 Watts.    L'équivalent de 9 ampoules économiques de bonne puissance.

    Mais surtout, chaque jour, ce sont plus de 2 kWh qui sont perdus et à l'année, cela me ferait 867 kWh envolés !!!!

    Et si je vous dis qu'en Belgique, un ménage moyen consomme 3500 kWh par an, vous voyez le potentiel d'économies réalisables !

    prisesEn un mot comme en cent: Rester branché, c'est démodé !   Coupez tout !  Placez des blocs multiprises à interrupteur et des interrupteurs sur tous vos appareils fixes et débranchez les autres aussitôt qu'ils ne sont plus nécessaires.   Le faible investissement consentit sera très rapidement récupéré, et avec les économies, vous pourrez vous payer un petit resto à ma santé !

    C'est la TOUTE PREMIERE mesure à adopter si l'on veut réaliser des économies d'énergie.   Ensuite vous penserez aux ampoules économiques, mais commencons par la chasse au gaspi.

    A la semaine prochaine !

    P.S.: Il est cool mon slogan, hein ?  "Rester branché, c'est démodé."  J'suis pas mécontent, là.... ;-)))

    09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

    05/09/2008

    La géothermie

    Je vous parle régulièrement d'énergie, et en particulier des énergies renouvelables.
    Parmi elles, il en est une disposant d'un grand potentiel d'exploitation, tant au niveau individuel qu'industriel et que j'ai très peu abordée jusqu'à présent : la géothermie.

    La géothermie consiste à puiser directement dans le sol des calories (de la chaleur) pour le chauffage des habitations ou de l'eau chaude sanitaire.   On alimente ainsi d'une habitation individuelle à des réseaux de chauffage urbain de plusieurs kilomètres de long.

    Ce procédé est loin d'être nouveau : la Rome antique l'utilisait déjà, et dans des régions volcaniques comme l'Islande, le chauffage urbain basé sur la géothermie existe depuis des dizaines d'années.

    Mais avec l'amélioration des techniques de forage et de transfert de chaleur, l'exploitation de cette énergie n'est plus réservée maintenant aux seules régions à forte activité volcanique.

    Par exemple, en Belgique, dans la région de Mons, on utilise déjà depuis une bonne vingtaine d'années un réseau de chauffage urbain pour le chauffage de trois écoles, un hopital, une piscine et plus de 350 logements.  Il faut dire qu'à l'entrée du circuit, on trouve de l'eau puisée à pas moins de 73°C.  Ce n'est déjà pas si mal, et déjà suffisant pour bien se brûler aux radiateurs.
    En bout de course, après 6 kilomètres de trajet, l'eau est encore à 40°C, ce qui est suffisant pour chauffer une grande serre horticole, après quoi, on trouve encore juste assez de chaleur pour stimuler la fermentation des boues d'une station d'épuration des eaux usées qui produiront ainsi.... du biogaz !


    Mais d'où vient toute cette chaleur, et comment l'extrait-on ?

    Dans les régions à forte activité volcanique, c'est évident: cette chaleur vient directement du réchauffement des roches au contact du magma tout proche.  On atteint ainsi rapidement des températures très élevées à de faibles profondeurs de forage.

    Ailleurs, la chaleur est essentiellement induite par la désintégration des éléments radioactifs naturellement présents dans le sous-sol profond.  Cette chaleur s'élève avec la profondeur.  En moyenne, de 3 à 4°C par 100 mètres.   Il faut des forages parfois profonds (plusieurs centaines de mètres) pour trouver des températures utilisables, mais cela ne pose pas trop de problèmes, pour peu que la nature géologique du sous-sol le permette.

    En général, on essaiera de forer au sein d'une nappe phréatique, car cela permet de simplifier le transfert de l'énergie vers la surface : on pompe simplement l'eau de la nappe phréatique, on en extrait la chaleur, et, idéalement, on la réinjecte dans la nappe, le plus souvent par un second forage.  A noter que dans le forage de Mons évoqué plus haut, (et c'est le seul reproche que je lui ferais), l'eau n'est pas réinjectée dans la nappe dans laquelle elle est puisée, mais simplement déversée dans la Haine, une rivière toute proche.   Dommage, car cette eau est de surcroît parfaitement potable....

    Il y a quelques années, j'ai séjourné en Bretagne dans un logement dont le chauffage était assuré par un forage à 80 mètres de profondeur "seulement".

    Dans un tel système, la température de l'eau pompée n'est pas assez élevée que pour permettre une utilisation directe.  On installe alors une pompe à chaleur.
    C'est tout simplement le même principe de fonctionnement qu'un réfrigérateur.

    Dans votre réfrigérateur, un compresseur se charge d'extraire la chaleur se trouvant à l'intérieur, et de l'échanger à l'extérieur.   Ces calories, vous les retrouvez sur la grille arrière de votre appareil : Allez-y !  Touchez-la pendant que le compresseur fonctionne: vous verrez, c'est impressionnant.

    La pompe à chaleur, c'est pareil: on extrait la chaleur de l'eau pompée (ou de l'air ambiant), et on la restitue dans un circuit de chauffage ou dans un ballon d'eau chaude.  C'est tout simple !

    Le seul inconvénient d'une pompe à chaleur, c'est qu'il lui faut un apport d'électricité pour fonctionner.   Mais bien évidemment, cela en vaut la peine, car le rendement est positif: un kilowatt d'électricité peut générer ainsi 3, 4, voire même 5 fois plus de chaleur que s'il était utilisé directement dans un chauffage électrique.  Ceci dit, je reste mitigé sur le bilan écologique d'une pompe à chaleur pour deux raisons:

    • Les anciens systèmes utilisent des fluides qui nuisent à la couche d'ozone.  Les plus récents utilisent eux des fluides très nocifs en terme de réchauffement climatique, et parfois également toxiques.
    • Sans entrer dans de savants calculs, on estime que pour produire 1 kWh d'électricité utilisable à votre prise de courant, il faut utiliser 3 kWh d'énergie primaire dans la centrale.  Ce qui revient à dire que pour des pompes à chaleur bon marché qui n'atteignent que péniblement un rendement (= COP) de 3, le bilan écologique est nul, voire négatif.

    Donc, si vous êtes candidat à une telle installation, soyez très prudents lors du choix des appareils ! 

    En savoir plus:

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