18/07/2008

"Auprès de mon toit, je vivais heureux..."

Bonjour,

Comme promis dans mon article sur les Ilots de Chaleur Urbains (ICU), cette semaine, je vais m'intéresser aux toits végétaux.

Saviez-vous qu'en moyenne, les toits représentent 30 % de la surface de nos villes ?

Autant de surface "perdue", bien souvent de couleur sombre, qui participe à ce phénomène d'élévation locale de température au niveau des villes.
Le toit plat d'un immeuble de bureau peut atteindre des températures de 65°C en plein soleil.   Cette chaleur participe à l'échauffement du bâtiment proprement dit, et entraîne des dépenses excessives de climatisation.

Une solution serait de couvrir, du moins là où cela est possible, ces toits par des couvertures végétales.
La mise en oeuvre la plus simple consiste juste à faire reposer sur une couverture draînante (pour permettre l'écoulement des eaux excédentaires et empêcher les infiltrations dans la bâtiment), une couche de terre recouverte d'une simple pelouse.

Dans le cadre d'une entreprise, on peut aussi créer très simplement un lieu très "classe" de relaxation pour les employés, et pourquoi pas, moyennant un aménagement adéquat (par exemple, un chalet en bois piour donner une touche champêtre), en un lieu de réunion qui serait particulièrement attrayant pour les contacts commerciaux.  

Mais on peut encore aller plus loin, et carrémment aménager de véritables jardins, voire même des serres où l'on pourrait installer de petits potagers capables de fournir en produits bio à faible coût pour les restaurants des entreprises de l'immeuble.   Un hôtel de Toronto procède déjà de la sorte, et a pu chiffrer ses économies annuelles à 30.000 dollars canadiens.

Voilà pour les avantages économiques, mais qu'en est-il des avantages pour notre environnement ?

Déjà, la couverture végétale permet de réduire l'accumulation de chaleur pendant la journée, et diminue ainsi l'effet de réchauffement du micro-climat urbain.  Avec, on l'a vu, une incidence directe sur la consommation énergétique des systèmes d'airco.

Au Canada, le Ministère de l'Environnement a calculé que si seulement 6 % des toits des villes étaient recouverts, la température en ville baisserait en moyenne de 1.5 °C en été, ce qui engendrerait 5% d'économie sur l'énergie gaspillée par les climatiseurs.

Ensuite, bien entendu, selon le type de couverture, on peut contribuer aussi à l'amélioration de la qualité de l'air, par la fixation, le filtrage et l'absorbtion
des particules et poussières nocives, et la captation du CO2.
Certaines entreprises spécialisées dans les toitures végétales proposent même ainsi une épuration des rejets d'air vicié par les systèmes d'airco eux-mêmes.

Au niveau de l'écoulement des eaux, les toits végétaux permettent de mieux gérer l'influence des eaux de pluie dans le réseau d'égouttage, par exemple, lors de grands orages.   En elle-même, elle absorbe déjà comme une éponge l'eau de pluie, en utilise une partie pour la croissance des végétaux, en évapore une autre, et le surplus ne s'écoule pas en une fois, mais s'étale dans le temps.  Quand on sait que le réchauffement climatique augmente et augmentera encore dans le futur la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes comme les gros orages, on voit ici l'apport possible de ces toits végétaux sur la prévention des inondations, et la gestion des capacités d'égouttage.

Et l'eau qui finit quand même par se retrouver dans le système d'égouttage est de très bonne qualité, car elle a été filtrée par le substrat végétal.  Au niveau des stations d'épuration, c'est tout bénéfice.   Pour peu, bien entendu, que ces toitures végétales ne deviennent pas des cibles pour toutes sortes de pesticides ou autres poisons "phyto-sanitaires".

Si on regarde vers le futur, on trouve même des projets aussi ambitieux qu'intéressants, comme celui de deux architectes parisiens de créer une véritable "Tour Vivante" en plein centre urbain, où l'on intègrerait sur les trente étages de la structure pas moins de 700 mètres de serres à vocation agricole.

Un autre type de mixité verticale en milieu urbain.

Au niveau du particulier aussi, les toits végétaux sont possibles.  Attention cependant aux impératifs architecturaux: la terre, ca pèse lourd.  On ne recouvre pas ainsi un toit (en plateforme, ou même incliné: c'est possible !) de terre et de plantes sans prendre un minimum de précautions lors de la conception de la structure du bâtiment.   Et en cas de rénovation, les difficultés deviennent rapidement insurmontables.    Mais pour le candidat bâtisseur, pourquoi ne pas le prévoir dès le départ ?

Dans des régions très chaudes, comme le Sud de la France, par exemple, on peut bénéficier des avantages bio-climatiques que ce type de toiture peut apporter en limitant déjà l'échauffement des habitations.   Un gain de confort assuré.

Alors, plutôt que de prévoir un coûteux et énergivore système de climatisation dans une habitation privée (ce qui entraîne d'ailleurs, tout comme l'airco des voitures, des problèmes respiratoires parfois sévères pour la santé des habitants, à court, moyen et long termes), comme c'est en train de devenir une mode, d'autant plus ridicule dans le contexte énergétique actuel, pourquoi ne pas oser le pari de la toiture végétale ?

Quant à l'aspect écologique du procédé (pour répondre à la question de Sébi), si dans le principe, un toit vert est indubitablement intéressant à presque tous les points de vue, il n'en demeure pas moins que pendant sa conception, une attention particulière devra être apportée aux éléments constituant les couches inférieures de la structure mise en place, afin d'éviter que certains matériaux utilisés ne pollue les eaux qui percolent au travers.

C'est malheureusement le cas de certaines membranes bitumeuses utilisées au niveau de l'étanchéité qui peuvent contenir des substances herbicides.   Une grande attention devra donc être apportée au choix des bons matériaux.

A cette petite restriction prêt, le toit végétal, au niveau d'un immeuble d'entreprise, ou au niveau d'une construction individuelle n'apporte donc que des avantages: économiques, écologiques et de confort.

Une variante des toits végétaux est le mur végétal

Quai Branly Mur végétal les Halles AvignonEn général plus facile à mettre en oeuvre sur des constructions existantes, les exemples les plus connus sont les façades du Musée du Quai Branly, à Paris, ou des Halles à Avignon.

En savoir plus :

Pour en savoir plus sur ces sujets passionnants, je vous renvoie aux excellents articles de Wikipedia et d'Ekopedia, particulièrement exhaustifs, et qui comprennent également toutes les explications nécessaires à la bonne réalisation de telles structures, et dont sont aussi extraites les photos illustrant ce billet.

Pour réentendre la chanson de Georges Brassens...

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

on en apprend tout les jours merci pour le clip de brassens
a++

Écrit par : Pascal | 19/07/2008

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alors ce réchauffement ça vient?? j'ai du rallumer mon chauffage... y a encore des convaincus ici????
sans blague on se serait pas un peu foutu de notre gueule ces dernières années???

Écrit par : mica | 21/07/2008

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Sur le sujet Jean Marie PELT ( le grand Jean Marie PELT) a écrit "C'est vert et ça marche." Ce livre liste toutes les idées écolo qui fonctionnent.

Écrit par : Eric | 26/07/2008

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