13/06/2008

Chaleur des villes, chaleur des champs

Il y a quelques semaines, dans le billet sur la mixité verticale, j'avais abordé une problématique pûrement urbanistique: la cohabitation des fonctions, et l'utilisation rationelle des surfaces et volumes.

Il y a encore beaucoup à dire sur ces lieux si particuliers que sont les villes. 

Par exemple: le réchauffement climatique sera-t-il plus dur à encaisser dans les grands villes qu'en rase campagne ?
Et bien, il semblerait bien que oui.

Les grandes villes sont effectivement le siège d'un phénomène que vous avez déjà peut-être constater par vous-mêmes: il y fait plus chaud qu'ailleurs.

Ce phénomène d'"Ilot de Chaleur Urbaine (ICU)" a déjà été identifié au début du XXème siècle, et n'est donc pas nouveau.
Ce qui signifie qu'une partie au moins de ses causes sont inhérentes à l'architecture et l'urbanisation en tant que telle.  Les activités humaines et le dérèglement climatique étant des facteurs aggravants.

J'explique:
Les surfaces sombres sont légion en ville.  Les routes, les toits, tout ça est sombre.  Or, il ne faut pas avoir fait 10 années d'université pour comprendre qu'une surface sombre au soleil accumule de la chaleur qui sera restituée pendant la nuit.

Donc en ville, cette chaleur non évacuée (non réfléchie) provoque un accroissement parfois spectaculaire des températures au niveau local.  Ainsi, à Pékin ou Tokyo, on a pu observer des élévations de l'ordre de 10 à 12°C par rapport aux campagnes environnantes.

La concentration d'activité humaine (la chaleur dégagée entre autres par les véhicules et les systèmes de climatisation) ajoute à l'effet global.

Et cet accroissement de température entraîne l'habituel train de problèmes de santé publique: Formation de smog, problèmes respiratoires et cardiaques, vagues de décès en période de canicule...

Alors comment combattre cela ?
Sur le plan énergétique, c'est clair: il vaut mieux prévenir que guérir.  Dès lors, le bon sens dicte de réduire la circulation automobile en ville et réduire les clims.  Parsemer les toits de panneaux solaires pour la production d'eau chaude (réduisant d'autant les rejets des chauffe-eaux)

Mais sur le plan pûrement urbanistique aussi, on peut penser mieux l'agencement des villes: créer des espaces verts (il existe d'ailleurs aussi ce que l'on nomme les toits végétaux, mais ce vaste sujet méritant à lui seul un article, j'y reveindrai dans quelques semaines), des plans d'eau et des fontaines.  Eclaircir les surfaces sombres en repeignant les toits des immeubles ou les routes etc...

A Los Angeles, cette mesure à priori curieuse pourrait être un enjeu économique important.  On parle d'économiser jusqu'à 500 millions de dollars par an : 150 millions d'économies d'énergie sur les clims, et 350 millions de par la baisse des niveaux de polluants atmosphériques.

Tiens, on pourrait tous apporter quelque chose en ce sens.  Je suis sûr que c'est une mesure inédite: J'ai chez moi une allée recouverte de gravier de porphyre, et exposée plein sud.   En été, on sent bien l'accumulation de chaleur à cet endroit.  Récemment, j'ai dû apporter un peu de gravier supplémentaire: mon choix s'est porté sur un gravier nettement plus clair que le précédent, qui se retrouve ainsi mélangé.  On verra cet été, mais en toute logique, la différence sera sensible.

Pensez-y, si vous avez une allée, une terrasse à refaire, une façade à repeindre, etc...   Donnez une préférence à des teintes plus claires...

Comme d'habitude, ca ne sauvera pas le monde, mais comme cela ne peut pas lui faire de tort non plus, ca va donc dans le bon sens. 

 

En savoir plus:

09:00 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Salut David,

Le problème se situe dans la dualité entre plaisir et raison. Souvent l'homo consommatus vulgaris préfère acheté des trucs pour montrer à son voisin qu'il est mieux que lui: c'est la théorie de Veblen http://ilssontfous.over-blog.com/article-6769120.html

C'est une compétition permanente et sans fin...
Un jour, chacun comprendra où se situent ses valeurs et agira en fonction.

Peut être, que la de nos vies ansi que celles de nos arrières petits enfants seront dans ces valeurs et enfin il y aura des voitures moins grosses, des villes plus humaines et des habitants souriants...

Écrit par : Eric | 14/06/2008

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Très intéressant Je viens d'aller visiter une maison bioclimatique où toutes les ouvertures sont au sud , le mur nord est entièrement fermé ,le pavement au sol est sombre justement pour stocker la chaleur venant du soleil et ainsi diminuer d'autant la consommation d'énergie pour chauffer la maison en hiver.
Et pour qu'il ne fasse pas trop chaud l'été ,une espèce d'avant toit procure une ombre bienfaisante
Chaque constructeur et/ou rénovateur de maison devrait penser à ces idées simples , de bon sens ,cela fait du bien tant à la planète qu'a son portefeuille.
Bref...je reviendrai lire tes articles interessants

Écrit par : digitale | 16/06/2008

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alors ça chauffe ou pas??? car la je commence à me geler les c... mdr!!!

Écrit par : mica | 16/06/2008

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Bioclimatiques Effectivement, Digitale, l'architecture bio-climatique a ceci d'intéressant qu'elle permet de réduire fortement les factures énergétiques à un coût très faible pour les nouvelles constructions.

Cela ne remplace pas une bonne isolation, c'est sûr, mais c'est un complément très intéressant pour diminuer les factures.

En rénovation, en revanche, c'est plus compliqué...

En ville aussi, les principes de base de l'architecture bioclimatique peuvent facilement être intégrés dans de nouvelles constructions, même pour des grands ensembles.

Beaucoup d'architectes ont pris conscience de cela. C'est encourageant !

Merci pour ton passage.

Écrit par : David | 17/06/2008

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bonjour Bonjour je me permet de vous présenter un nouveau blog/site www.secouonsnous.com réalisé par de jeunes.

Bonne journée

Bertrand

Écrit par : Bertrand | 18/06/2008

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Oui j'attends avec impatience ton article sur les toits végétaux.
Est-ce écolo ou pas ?

Écrit par : Sébi | 18/06/2008

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