09/12/2006

Entrée payante

Le péage urbain serait-il la solution à nos problèmes d'embouteillages et de pollution urbaine ?

En Europe, plusieurs grandes villes ont déjà, sous des déclinaisons diverses, franchit le pas de l'instauration d'un péage urbain à leurs entrées.  Londres, Stockholm et Milan ont ainsi osé prendre cette mesure à priori peu populaire.  

Et ce qui surprend d'emblée, c'est justement que cette mesure semble plutôt bien acceuillie par la population.  Par exemple, à Stockholm où le modèle de référendum semble être monnaie courante, une consultation populaire fut conduite un an après la mise en place du système, et à une écrasante majorité, la population a choisi de reconduire l'expérience.

A Londres, très récemment, il a été décidé d'élargir le périmètre payant de la ville, et, simultanément d'augmenter les tarifs.   Là, il a été mesuré une diminution de trafic de près de 16%, mais la congestion a elle été réduite de 30%, et une amélioration très sensible de la qualité de l'air dans le centre-ville a également été enregistrée.

Il y a quelques semaines, dans la foulée du lancement du Pacte Ecologique par Nicolas Hulot, le premier ministre français, Dominique de Villepin, a lui aussi émis l'hypothèse d'un péage aux entrées de Paris.  Et apparemment, l'idée ne semble pas susciter outre mesure de levées de bouclier.  Il faut dire que nos amis Français sont déjà rompus aux joies du péage routier... (Et pourtant, assez curieusement d'ailleurs, d'après le journal "Le Figaro", les Verts (parti écologiste français) semblent s'y opposer...  Allez comprendre !)

Alors pourquoi pas un péage à l'entrée de Bruxelles ? Et d'autres grandes villes ? A la sauce belge, évidemment. Comme rien n'est simple chez nous, voici mon idée.

Le tarif de base serait de 3 EUR , payable une seule fois par période de 24 heures (à Londres, il passera bientôt de 12 à 18 EUR par jour !).  Une voiture occupée par un seul occupant paierait le prix plein.  Deux occupants dans la voiture, et le tarif serait réduit à 1.50 EUR

Plus de deux occupants, et c'est la gratuité.
Les portiques de péage seraient divisés en plusieurs voies que les voitures emprunteraient selon le nombre de personnes à bord.  Le voie de la gratuité serait automatiquement favorisée, car la circulation y serait ininterrompue: pas de barrière, pas de péage.   Bien sûr, des contrôles policiers devraient être effectués de manière sporadique pour interpeller les inévitables resquilleurs. 
Il y a là également une possibilité de quelques emplois pour une main d'oeuvre peu qualifiée pour organiser la perception de la taxe. 
A noter qu'une solution de paiement électronique basée sur la reconnaissance de la plaque d'immatriculation peut être envisagée (comme c'est d'ailleurs le cas à Londres).  La perception pourrait alors aussi se faire immédiatement par voie bancaire, ou par l'envoi de factures mensuelles.
On peut aussi envisager que pour les véhicules dont les titulaires de l'immatriculation résident effectivement dans la ville, la gratuité ou le tarif réduit soit d'office appliqué.

Parallèlement, il faudrait aussi faire en sorte que ces montants payés ne puissent pas faire par la suite l'objet de déductions fiscales, ni dans le chef de particuliers, ni pour les entreprises.  Sinon, à quoi bon....

Les montants perçus devraient ensuite servir, dans l'ordre de préférence, au financement propre du système, en ce compris les salaires éventuels des percepteurs, et, en cas de boni, celui-ci ne devrait servir qu'au financement du développement et de la promotion du transport en commun, dans et autour de la ville (augmentation de l'offre en train, création de nouvelles lignes de transport urbain (bus, tram, métro) vers de grands parkings de dissuasion situés hors de la zone payante, par exemple), ou pourquoi pas, l'organisation de la gratuité totale du transport en commun en ville. (Un ticket de bus/tram/métro à Bruxelles va bientôt passer à 1.50 EUR; une voiture à un seul passager financerait ainsi un aller/retour pour un usager des transports en commun... CQFD !)

Nul doute qu'après avoir bien râlé (autre spécialité bien de chez nous), l'on verrait rapidement se développer enfin le co-voiturage.

Malheureusement, en Belgique aussi, nous allons avoir nos élections en mai prochain.  Et à moins d'un Nicolas Hulot national qui se lèverait et taperait du poing sur la table, ça m'étonnerait que dans les campagnes électorales qui se profilent, on parle d'autre chose que des "affaires" qui touchent Charleroi ...

(Pour mes lecteurs français: dans une grande ville wallonne (= francophone), le pouvoir socialiste (de gauche) en place est pour le moins malmené par toute une série d'affaires de corruption ou de détournement de fonds ou de biens sociaux... pour le plus grand bonheur des libéraux (de droite) qui ne se tiennent plus et se pissent dessus de joie, et pour le plus grand malheur des électeurs de gauche qui ne savent plus très bien vers qui se tourner; résultat des courses: suite aux dernières élections communales, on a pu voir cette semaine un élu d'extrême droite au conseil communal de Charleroi prêter serment en faisant le salut fasciste... J'en ai presque vomi !)

02:14 Écrit par David dans Nature | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : energie, environnement, nature |  Facebook |

Commentaires

bonjour David! merci pour le comm sur "les fleurs pour Algernon"
je suis drôlement contente de lire ces informations sur le péage urbain, qui concernera peut être mes enfants qui habitent tout près de Paris, seulement ma fille n'y voit qu'un moyen "de lui taxer encore plus de sous" ;-)))
je vais donc pouvoir lui faire profiter de votre article
bonne journée à bientôt

Écrit par : ambre | 09/12/2006

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gratuité ou presque des transports en commun : voilà qui résoudrait pas mal de problèmes.
On m'avait dit que le péage, en Belgique, serait bcp trop compliqué à réaliser... alors pourquoi pas inciter à utiliser + les transports en commun ?
J'ai travaillé à Bruxelles, faisant la navette en train tous les jours : pas de stress (sauf quand retard), 1 h de trajet (ce que j'aurais fait, sinon +, en voiture !)
amitiés
nb : j'ai relayé le message concernant "boîte à chaussures" :o))

Écrit par : vanille | 13/12/2006

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Financer La gratuité du transport en commun, c'est bien une des choses que je propose, mais pour cela, il faut le financer.
D'où l'idée que les recettes ou le boni budgétaire sur le péage urbain serve à cela.
A noter cependant qu'il existe déjà des villes, comme Hasselt, où les transports en commun sont déjà tout à fait gratuits.
De façon générale, la politique à mener doit être double: il faut en même temps, sanctionner les comportements environnementalement négatifs et favoriser ceux qui respectent l'écologie.

Je suis en train de lire le livre du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, et c'est vraiment un foisonnement d'idées de ce genre (parfois neuves, parfois moins, mais toujours frappées de bon sens).

Vivement que nos politiciens belges puissent aussi en tenir compte pendant la campagne électorale qui débute chez nous... Ca nous changera des "affaires" !

Écrit par : David | 13/12/2006

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